4,5 mètres pour 222 kg : cet ancêtre du Diplodocus long comme une voiture et aussi léger qu'un cochon bouscule l'histoire du Gondwana
Longtemps, les scientifiques ont cru que les mêmes dinosaures peuplaient l'ensemble de l'Afrique australe. Un squelette sorti d'une rive du Zimbabwe vient contredire cette idée reçue.
Des paléontologues ont identifié une nouvelle espèce de dinosaure, nommée Leinkupal laticauda, considérée comme un ancêtre du célèbre Diplodocus. Ce spécimen, long de 4,5 mètres pour un poids de seulement 222 kg, est décrit comme aussi léger qu'un cochon adulte. Cette découverte, publiée en août 2026, remet en question les connaissances sur l'évolution des dinosaures à long cou, appelés sauropodes. Les fossiles ont été découverts en Patagonie, une région d'Amérique du Sud, dans des roches datant du Jurassique inférieur, il y a environ 170 millions d'années. Cette période correspond à une phase clé de la fragmentation du supercontinent Gondwana, un vaste ensemble terrestre qui a précédé la configuration actuelle des continents.
Ce dinosaure se distingue par sa taille modeste pour un sauropode, un groupe généralement associé à des animaux géants comme le Diplodocus, long de 25 à 30 mètres. Leinkupal laticauda pesait environ 222 kg, soit l'équivalent d'un grand cochon, alors que les sauropodes adultes dépassaient souvent les 20 tonnes. Sa morphologie suggère une adaptation à un environnement spécifique, peut-être une alimentation plus sélective ou une mobilité accrue. Les chercheurs soulignent que cette découverte prouve que les ancêtres des grands sauropodes n'étaient pas tous de taille imposante, mais pouvaient être de dimensions réduites. Cette variabilité remet en cause l'idée d'une évolution linéaire vers des formes toujours plus grandes.
La présence de ce dinosaure en Patagonie, associée à des datations précises, suggère que les premiers sauropodes se sont diversifiés plus tôt que prévu en Amérique du Sud. Jusqu'à présent, on pensait que ces dinosaures étaient apparus plus tardivement en Afrique ou en Asie. Cette découverte implique que la fragmentation du Gondwana, le processus de séparation des continents actuels, a pu influencer plus tôt la répartition des espèces. Les chercheurs estiment que cette nouvelle espèce pourrait aider à reconstruire les routes de migration des dinosaures à l'aube du Jurassique. Elle ouvre également des pistes pour comprendre comment ces animaux ont colonisé différents territoires malgré des conditions environnementales variées.
L'identification de Leinkupal laticauda repose sur l'analyse de fossiles partiels, notamment des vertèbres et des os des membres, découverts dans la formation géologique de La Amarga, en Argentine. Les paléontologues ont utilisé des techniques de tomographie et de modélisation 3D pour reconstituer l'anatomie de l'animal. Ces méthodes permettent de comparer les caractéristiques morphologiques avec d'autres espèces connues et d'identifier des traits distinctifs, comme la forme des vertèbres ou la structure des os. L'étude a été menée par une équipe internationale, incluant des chercheurs de l'Université nationale de San Juan en Argentine et du Musée américain d'histoire naturelle aux États-Unis. Ces collaborations sont essentielles pour valider les découvertes et affiner les interprétations.
Cette découverte s'inscrit dans un contexte de réévaluation des théories sur l'évolution des dinosaures. Elle montre que la diversité des sauropodes était déjà importante au Jurassique inférieur, bien avant l'apogée de ces animaux au Crétacé. Les chercheurs estiment que *Leinkupal laticauda* pourrait représenter une branche précoce de l'arbre généalogique des sauropodes, distincte de celles menant aux géants comme le *Brachiosaurus* ou le *Diplodocus*. Cette nouvelle espèce pourrait également éclairer les mécanismes d'adaptation des dinosaures à leur environnement, notamment leur capacité à exploiter des ressources alimentaires variées. Enfin, elle renforce l'importance de l'Amérique du Sud dans l'histoire évolutive des dinosaures.

