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Désinformation et propagande : l’Europe comme terrain de jeu des ingérences étrangères

France Culture - Savoirs· 5 août 2026
Désinformation et propagande : l’Europe comme terrain de jeu des ingérences étrangères

Le 29 juillet, le ministère de l’Intérieur a ordonné l’expulsion de Xenia Fedorova, ex-directrice de RT France. Que révèle cette affaire sur les stratégies d’influence étrangères en Europe ? À l’approche de la présidentielle de 2027, Maxime Audinet décrypte leurs méthodes et leurs enjeux.

Résumé

1

Expulsion d'une figure russe

Le 29 juillet 2026, le ministère de l’Intérieur français a ordonné l’expulsion de Xenia Fedorova, ancienne directrice de RT France (chaîne d’information russe) devenue chroniqueuse dans les médias du groupe Bolloré.

Cette décision illustre les tensions persistantes entre la France et la Russie concernant les stratégies d’influence étrangères.

RT France, initialement interdite en France pour ses positions pro-Kremlin, a adapté ses méthodes en s’appuyant sur des relais locaux et des canaux numériques moins visibles, comme des comptes sur les réseaux sociaux ou des partenariats avec des médias européens.

Cette affaire révèle comment les acteurs étrangers exploitent les failles des démocraties pour diffuser des messages biaisés, notamment à l’approche d’élections majeures comme la présidentielle française de 2027.

2

Multiplicité des acteurs étrangers

L’influence étrangère en Europe ne se limite pas à la Russie.

Plusieurs pays, dont les États-Unis, Israël et la Chine, interviennent également dans le débat public européen à travers des campagnes de désinformation ou de propagande.

Ces acteurs utilisent des méthodes variées : diffusion de fausses informations, amplification de divisions sociales, ou encore financement de médias locaux pour orienter l’opinion.

Par exemple, les États-Unis peuvent soutenir des think tanks ou des médias pro-occidentaux, tandis que la Chine cible les communautés diasporiques ou les secteurs économiques stratégiques.

Ces ingérences exploitent les fractures politiques, sociales ou culturelles des pays européens pour fragiliser leur cohésion et leur stabilité.

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Méthodes numériques et relais locaux

Les stratégies d’influence modernes reposent de plus en plus sur des dispositifs numériques difficiles à tracer, comme les bots (comptes automatisés), les trolls (utilisateurs malveillants) ou les deepfakes (vidéos truquées).

Ces outils permettent de diffuser massivement des contenus polarisants ou mensongers sans révéler leur origine.

Les acteurs étrangers s’appuient aussi sur des relais locaux, comme des journalistes, des influenceurs ou des partis politiques, qui relaient involontairement ou sciemment ces messages.

Par exemple, Xenia Fedorova, après son départ de RT France, a continué à diffuser des contenus pro-russes via des plateformes comme CNews ou Europe 1, montrant comment ces réseaux s’adaptent aux interdictions officielles.

4

Enjeux pour l’Europe en 2027

À l’approche de la présidentielle française de 2027, les risques liés aux ingérences étrangères sont particulièrement élevés.

Les campagnes de désinformation pourraient cibler des thèmes sensibles comme l’immigration, l’économie ou la sécurité, en amplifiant les divisions existantes.

Les institutions européennes, comme l’Union européenne ou l’Agence européenne de cybersécurité (ENISA), tentent de renforcer leurs défenses, mais les acteurs malveillants innovent constamment.

Maxime Audinet, spécialiste interrogé dans l’article, souligne que ces ingérences ne visent pas seulement à influencer les élections, mais aussi à saper la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques.

La lutte contre ces menaces nécessite une coopération accrue entre États, médias et plateformes numériques.

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Rôle des experts et contre-mesures

Pour contrer ces ingérences, des experts comme Maxime Audinet, professeur à l’Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales) et titulaire de la chaire « Stratégies d’influence et de contre-influence en contexte numérique », analysent les mécanismes de ces campagnes.

Leurs travaux aident à identifier les sources de désinformation et à proposer des contre-mesures, comme l’éducation aux médias (media literacy) ou des algorithmes de détection des fake news.

Cependant, ces solutions se heurtent à des défis techniques et éthiques, notamment en matière de liberté d’expression.

L’article souligne que la transparence des plateformes numériques et la régulation des contenus restent des enjeux majeurs pour protéger les démocraties européennes.

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