Désinformation et propagande : l’Europe comme terrain de jeu des ingérences étrangères
L’expulsion de Xenia Fedorova, ex-directrice de RT France, illustre une recomposition des stratégies d’influence étrangères en Europe, où les acteurs étatiques exploitent les failles des démocraties numériques. À l’aube d’une élection présidentielle française cruciale en 2027, ces ingérences, loin de se limiter à la Russie, s’appuient sur des relais locaux et des dispositifs opaques pour fragiliser les débats publics.
Quels enseignements tirer de l’expulsion de Xenia Fedorova pour comprendre les méthodes d’influence russe en Europe ?
L’affaire révèle une mutation des tactiques russes après l’interdiction de RT : plutôt que de s’appuyer sur un média identifié, Moscou privilégie désormais des relais locaux et des figures médiatiques intégrées dans le paysage informationnel français, comme Xenia Fedorova, devenue chroniqueuse pour des groupes proches de Vincent Bolloré. Cette stratégie contourne les dispositifs de régulation tout en exploitant les réseaux de confiance existants pour diffuser des narratives pro-russes.
Quels autres acteurs étrangers interviennent dans les débats publics européens, et comment se distinguent-ils de la Russie ?
Outre la Russie, les États-Unis, Israël et la Chine déploient des stratégies d’influence en Europe, mais avec des objectifs et des méthodes distincts. Les États-Unis et Israël ciblent souvent des enjeux géopolitiques précis (comme le conflit israélo-palestinien), tandis que la Chine mise sur des investissements médiatiques et des partenariats économiques pour façonner une image favorable, sans nécessairement recourir à des opérations de désinformation frontales.
Pourquoi les ingérences étrangères exploitent-elles particulièrement les fractures des démocraties européennes à l’approche de 2027 ?
Les périodes électorales offrent un terrain propice aux ingérences car elles amplifient les divisions sociétales et les polarisations politiques. Les acteurs étrangers ciblent les sujets clivants (migrations, souveraineté, alliances militaires) pour semer la confusion, discréditer les institutions ou favoriser des candidats alignés sur leurs intérêts. La présidentielle française de 2027, déjà marquée par des tensions sociales, constitue un objectif privilégié pour ces opérations.
Ce que ça pourrait changer
Ces ingérences pourraient s’intensifier à l’approche de 2027, avec un risque de normalisation des discours de propagande dans le débat public. Les démocraties européennes devront renforcer leur résilience en combinant transparence réglementaire, éducation aux médias et coopération internationale, sous peine de voir leurs processus électoraux durablement altérés par des acteurs hostiles.

