Afghanistan : Volker Türk dénonce le « silence assourdissant » du monde face à la répression
Alors que les talibans renforcent leur emprise sur l’Afghanistan en institutionnalisant un système d’exclusion ciblant les femmes et les minorités, la communauté internationale semble se désengager, comme en témoigne le « silence assourdissant » dénoncé par le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. Cette indifférence croissante contraste avec l’aggravation des crises humanitaires et politiques dans le pays, où les droits fondamentaux s’effritent tandis que les populations sont abandonnées à leur sort.
Quelles mesures concrètes les talibans ont-ils mises en place pour exclure les femmes de la vie publique afghane depuis 2021 ?
Depuis leur retour au pouvoir, les talibans ont progressivement instauré des interdictions systématiques pour les femmes et les filles, comme l’exclusion de l’éducation secondaire et supérieure (affectant 2,2 millions de personnes), l’interdiction d’accéder à certains emplois, la restriction de leur liberté de circulation, et l’effacement de leur présence des instances publiques. Des mesures supplémentaires encadrent désormais le divorce et risquent de favoriser les mariages précoces et les violences domestiques.
Qui sont les acteurs principaux pointés du doigt par l’ONU pour leur rôle dans la crise afghane actuelle ?
L’ONU critique en premier lieu les autorités de facto talibanes, responsables de l’institutionnalisation de la répression, mais aussi les pays voisins comme l’Iran et le Pakistan, accusés de procéder à des retours forcés de centaines de milliers d’Afghans dans un contexte de crise humanitaire. Volker Türk, Haut-Commissaire aux droits de l’homme, appelle également les États à responsabilité régionale à exercer une pression accrue sur les talibans pour faire respecter les obligations internationales.
Quels sont les chiffres clés illustrant l’ampleur de la crise humanitaire et des violations des droits en Afghanistan en 2026 ?
Près de 21,9 millions d’Afghans, soit 45 % de la population, dépendent d’une aide humanitaire, tandis que plus de 400 000 personnes ont été renvoyées de force depuis l’étranger. Parallèlement, 449 personnes ont subi des châtiments corporels au premier semestre 2026, et les femmes sont désormais interdites d’accès aux locaux de l’ONU, limitant l’assistance à une population en détresse.
Ce que ça pourrait changer
L’abandon progressif de l’Afghanistan par la communauté internationale risque d’accélérer la normalisation de l’apartheid de genre et des violations systémiques des droits humains, tout en aggravant une crise humanitaire déjà critique. Sans une mobilisation urgente, le pays pourrait sombrer dans un isolement durable, où la répression et la pauvreté s’auto-entretiennent, sans que les mécanismes de protection internationaux ne s’appliquent.

