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GÉNÉRALISTE

Serge Losique, fondateur du Festival des films du monde, n’est plus

Source unique·il y a 6 j

La disparition de Serge Losique, figure incontournable du cinéma montréalais et fondateur du Festival des films du monde (FFM), interroge la fragilité des institutions culturelles nées d’une vision solitaire. Son parcours, marqué par un engagement obstiné pour le cinéma international, révèle aussi les limites d’un modèle où l’aura d’un individu ne suffit pas à garantir la pérennité d’un projet, surtout dans un écosystème concurrentiel en mutation.

Comment Serge Losique a-t-il marqué l’histoire du cinéma québécois et international ?

Serge Losique a joué un rôle central dans la diffusion des cinémas étrangers au Québec en fondant le FFM en 1977, un festival qui a permis de découvrir des œuvres iraniennes, japonaises, chinoises ou sud-américaines bien avant que Toronto ne s’impose comme destination majeure. Son approche pédagogique, via l’enseignement à l’Université Concordia et au Conservatoire d’art cinématographique, a aussi formé des générations de cinéphiles et contribué à structurer une culture cinématographique locale.

Quels facteurs expliquent le déclin du FFM après son apogée ?

Le FFM a perdu son financement public après un rapport accablant de la firme Secor en 2004, puis a été fragilisé par l’émergence de multiples festivals à Montréal, réduisant son exclusivité. L’absence de relais institutionnels solides et la difficulté à s’adapter à un paysage cinématographique élargi ont affaibli sa position, tandis que des dettes et des conflits avec les autorités ont précipité sa fin en 2018.

Pourquoi le parcours de Losique est-il entouré de zones d’ombre ?

Son arrivée au Canada dans les années 1950 reste floue, tout comme les détails de ses origines en ex-Yougoslavie. Cette opacité, volontaire ou non, contraste avec son image publique de bâtisseur culturel, et nourrit une légende où se mêlent détermination, mystère et une forme de romantisme à la Napoléon, qu’il admirait.

Ce que ça pourrait changer

La disparition de Losique rappelle que les institutions culturelles, même fondées sur une vision charismatique, dépendent de structures collectives pour survivre. Son héritage interroge aussi la capacité des festivals à concilier ambition artistique et viabilité économique dans un contexte où les publics et les financements se diversifient. Enfin, son histoire illustre les risques de l’isolement dans la gestion d’un projet culturel, surtout à une époque où la collaboration est devenue un impératif.

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