La Russie prend le contrôle des actifs de plusieurs compagnies occidentales
La Russie accentue sa stratégie de captation forcée des actifs occidentaux sur son sol, en ciblant des groupes comme Nestlé ou Auchan sous prétexte de leur lien avec des pays jugés « inamicaux ». Cette mesure, présentée comme une réponse aux sanctions et à l’engagement militaire occidental contre Moscou, interroge sur la pérennité des investissements étrangers en Russie et les risques systémiques pour les multinationales opérant dans un contexte géopolitique de plus en plus instable.
Quels critères ont justifié la prise de contrôle russe des actifs de Nestlé, Auchan et Leroy Merlin ?
Le Kremlin a invoqué l’appartenance de ces entreprises à des pays qualifiés de « inamicaux » en raison de leur soutien à l’Ukraine, notamment via des sanctions économiques et une implication dans des actions militaires contre la Russie. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a explicitement cité la participation de ces États aux frappes contre les infrastructures russes comme motif principal.
Quel est l’impact financier immédiat de cette décision pour Nestlé, et comment le groupe réagit-il ?
L’impact financier direct est jugé « marginal » par les analystes, car la Russie ne représente plus qu’environ 1 % du chiffre d’affaires du groupe (contre 2 % en 2021). Nestlé a réagi en prenant note du décret et en promettant d’évaluer la situation pour protéger ses droits et assurer la continuité de ses activités, notamment pour ses 7 000 employés locaux.
Qui est la société russe L.E.V. Management, désignée pour administrer ces actifs, et quel est son lien avec l’État russe ?
L.E.V. Management, fondée fin 2025, est dirigée par Andreï Kraiouchkine, un général du ministère russe de l’Intérieur. Cette nomination suggère un contrôle étroit de l’État sur la gestion des actifs confisqués, renforçant l’hypothèse d’une expropriation déguisée plutôt que d’une simple administration temporaire.
Ce que ça pourrait changer
Cette stratégie russe pourrait accélérer l’exode des multinationales restantes et fragiliser davantage la confiance des investisseurs dans un pays déjà isolé économiquement. Elle pose aussi la question des modalités de sortie pour les entreprises étrangères, avec un risque accru de pertes financières ou de dépréciations comptables, comme cela avait été le cas pour Danone et Carlsberg en 2023. À plus long terme, elle pourrait redéfinir les règles du jeu économique en Russie, où les actifs étrangers deviennent des otages géopolitiques.

