En Russie, “Spider-Man” renvoyé dans sa toile par une miche de pain
Le report controversé du blockbuster Spider-Man : Brand New Day en Russie au profit du film local Kolobok révèle les tensions entre soft power culturel américain et stratégie de promotion de l’identité nationale russe. Cette substitution, perçue comme une provocation par certains médias, interroge les mécanismes de compétition entre divertissement globalisé et récits locaux dans un contexte géopolitique tendu.
Pourquoi la sortie du film Kolobok a-t-elle provoqué le report de Spider-Man en Russie ?
Le film Kolobok, production russe à gros budget mêlant folklore et fantastique, a été programmé le même jour que Spider-Man : Brand New Day, entraînant un report de ce dernier en raison de la priorité accordée à la promotion du projet national. Cette décision, justifiée par des impératifs commerciaux et symboliques, a suscité un débat médiatique sur la place des blockbusters américains face aux productions locales.
Quels acteurs culturels et politiques sont impliqués dans cette stratégie de promotion de Kolobok ?
Le film Kolobok est une coproduction incluant Disney (pour la série Le Dernier Chevalier), mais sa promotion en Russie a été menée de manière à effacer toute référence à l’entreprise américaine, signe d’une volonté d’affirmation culturelle indépendante. Réalisé par Anton Maslov, connu pour son adaptation de Tchebourachka, le projet s’inscrit dans une dynamique de réappropriation des contes traditionnels russes, soutenue par des médias comme Novaïa Gazeta Europe.
Quel est le lien entre Kolobok et le folklore russe, et pourquoi ce choix est-il stratégique ?
Kolobok est un personnage central d’un conte traditionnel russe popularisé par un dessin animé soviétique des années 1970, ce qui en fait un symbole culturel profondément ancré dans l’imaginaire collectif. Son adaptation cinématographique, présentée comme une œuvre nationale, permet de mobiliser un récit identitaire face à l’hégémonie des productions américaines, tout en capitalisant sur un patrimoine accessible et fédérateur.
Ce que ça pourrait changer
Cette rivalité culturelle pourrait renforcer les stratégies de substitution des produits occidentaux par des alternatives locales, notamment dans les secteurs du divertissement, où la Russie cherche à réduire sa dépendance aux contenus étrangers. Elle illustre aussi une instrumentalisation croissante du soft power dans un contexte de tensions géopolitiques, où le cinéma devient un terrain de confrontation idéologique.

