Comment arrêter la “guerre oubliée” du Soudan ?
Depuis avril 2023, le Soudan est déchiré par une guerre civile qualifiée de « guerre oubliée » en raison de son absence de visibilité médiatique et diplomatique. Malgré des dizaines de milliers de morts et une dévastation généralisée, aucun cessez-le-feu durable n’a été obtenu, tandis que les acteurs régionaux et internationaux entretiennent des alliances contradictoires. L’hebdomadaire The Economist interroge la possibilité d’une résolution, alors que les dynamiques géopolitiques et militaires semblent condamner le pays à un conflit prolongé, voire à une fragmentation durable.
Pourquoi la guerre au Soudan est-elle qualifiée de « guerre oubliée » ?
Le conflit est qualifié ainsi en raison de son absence de couverture médiatique et de l’indifférence relative de la communauté internationale, malgré son bilan humain et humanitaire catastrophique. The Economist souligne que même les images traditionnelles de destruction ou de réfugiés n’ont pas suffi à mobiliser une attention durable, contrairement à d’autres crises géopolitiques plus visibles.
Quels sont les principaux acteurs régionaux impliqués dans le conflit soudanais et quelles sont leurs alliances ?
Les Forces armées soudanaises (SAF) sont soutenues par l’Arabie saoudite, l’Égypte, le Qatar et la Turquie, tandis que les Forces de soutien rapide (FSR) bénéficient du soutien des Émirats arabes unis. Ces divisions reflètent des rivalités régionales plus larges, où chaque puissance cherche à étendre son influence, notamment via des alliances économiques ou sécuritaires.
Quels éléments pourraient, selon The Economist, favoriser une résolution du conflit ?
L’hebdomadaire évoque deux pistes : d’abord, un possible changement de priorités de l’Arabie saoudite, dont l’attention pourrait se détourner de la mer Rouge vers le Soudan en raison des attaques des houthistes contre ses intérêts pétroliers. Ensuite, les avancées militaires récentes des SAF pourraient placer ces dernières en position de force pour négocier, bien que les chances d’un cessez-le-feu restent minces.
Pourquoi la saison des pluies au Soudan est-elle mentionnée comme un facteur potentiel d’évolution du conflit ?
La saison des pluies, qui commence à cette période, pourrait entraîner une accalmie temporaire des combats en rendant certaines zones moins accessibles, notamment pour les opérations militaires. The Economist y voit une fenêtre opportuniste pour relancer une offensive diplomatique, avant que les conditions ne se dégradent à nouveau avec la reprise des hostilités.
Ce que ça pourrait changer
Si aucun cessez-le-feu n’est obtenu, le Soudan pourrait s’enfoncer dans une fragmentation durable, à l’image de la Somalie, avec des zones contrôlées par des milices rivales et une absence de gouvernance centrale. Une résolution partielle, même fragile, dépendrait largement de la capacité des acteurs régionaux à réduire leurs ingérences, ce qui semble peu probable sans pression internationale coordonnée. À plus long terme, l’échec des négociations pourrait normaliser l’idée d’un conflit sans fin, avec des conséquences humanitaires et migratoires majeures pour toute l’Afrique de l’Est.

