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GÉOPOLITIQUE

Remous à Bruxelles à l’approche d’un concert du chef d’orchestre israélien Lahav Shani

Source unique·22 sept.

La programmation d’un concert du chef d’orchestre israélien Lahav Shani au palais des Beaux-Arts de Bruxelles en novembre 2026 cristallise les tensions autour de la normalisation culturelle d’Israël dans un contexte de guerre persistante à Gaza et en Cisjordanie. Entre démissions au sein du conseil d’administration du Bozar et mobilisations militantes, cette affaire révèle comment la culture devient un champ de bataille symbolique des conflits géopolitiques contemporains, où la neutralité artistique est de plus en plus contestée.

Pourquoi Lahav Shani est-il au cœur d’une polémique à Bruxelles ?

Shani, directeur musical de l’Orchestre philharmonique d’Israël (IPO), est perçu par ses détracteurs comme un représentant culturel de l’État israélien, dont les actions à Gaza et en Cisjordanie sont qualifiées de génocide par Amnesty International et d’apartheid par la Cour internationale de justice. Son engagement artistique, bien que non politique en apparence, est interprété comme une forme de normalisation de la politique israélienne, d’où les appels au boycott et les démissions au sein du Bozar.

Quels acteurs s’opposent à la tenue du concert et pour quelles raisons ?

Trois membres du conseil d’administration du Bozar ont démissionné en mai 2026, dont Mohamed Ouachen, qui a justifié sa décision par le sens politique de cette programmation au regard du contexte catastrophique de la guerre. Ces opposants s’appuient sur des rapports d’ONG et d’institutions internationales pour dénoncer les violations des droits humains attribuées à Israël, transformant la culture en levier de pression géopolitique.

Comment le Bozar a-t-il réagi face à ces pressions ?

Le Bozar a défendu sa programmation en invoquant un plaidoyer pour la nuance, refusant de céder aux pressions militantes. Cependant, l’institution n’a pas détaillé publiquement les arguments artistiques ou culturels justifiant le maintien du concert, se contentant de souligner la complexité des enjeux sans trancher explicitement sur le fond.

Cette polémique s’inscrit-elle dans une tendance plus large en Europe ?

Oui, Lahav Shani avait déjà été déprogrammé d’un festival à Gand en 2025 pour des raisons similaires, illustrant une montée des mobilisations anti-normalisation en Europe. Ces affaires reflètent une radicalisation des débats sur la place de la culture dans les conflits géopolitiques, où l’art n’est plus considéré comme neutre mais comme un outil de légitimation ou de contestation des régimes en place.

Ce que ça pourrait changer

Cette affaire pourrait renforcer les clivages autour de la diplomatie culturelle, où les institutions artistiques deviennent des cibles privilégiées des mouvements militants. À plus long terme, elle interroge la capacité des villes européennes à concilier ouverture culturelle et responsabilité éthique, surtout dans un contexte où les conflits internationaux gagnent en visibilité. La question de la neutralité des institutions culturelles, déjà fragilisée, pourrait ainsi devenir un enjeu central des politiques publiques en matière de culture et de droits humains.

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