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GÉNÉRALISTE

MU, 20 ans derrière les murales emblématiques de Montréal

Source unique·26 sept.

Depuis deux décennies, l’organisme MU a transformé Montréal en un vaste musée à ciel ouvert, produisant 300 murales emblématiques qui mêlent art urbain et ancrage social. À l’occasion de son vingtième anniversaire, l’OBNL célèbre son impact culturel tout en révélant les défis structurels et les logiques de démocratisation artistique qui sous-tendent son action, entre financements précaires et volonté de transformer les quartiers par l’image.

Comment MU parvient-il à financer ses murales malgré des ressources limitées ?

MU combine plusieurs leviers : un programme municipal d’art mural subventionnant une vingtaine de projets par an, des partenariats avec des organismes locaux pour des murales communautaires, et des appels à financement auprès de propriétaires de murs souvent non résidents. L’organisme mise aussi sur des collaborations avec des entreprises et des institutions culturelles, comme le Cirque du Soleil à ses débuts, tout en diversifiant ses sources de revenus pour produire jusqu’à quinze murales par an.

Quel rôle joue MU dans la formation des artistes muralistes et l’inclusion des femmes dans ce milieu ?

MU intègre systématiquement un volet de formation en embauchant des apprentis, car le métier s’apprend sur le terrain plutôt qu’à l’université. L’organisme priorise les femmes artistes, conscientes que ces dernières sont sous-représentées dans les expériences pratiques comme le travail nocturne sur les échafaudages. Cette approche vise à corriger un déséquilibre structurel tout en renforçant la relève artistique.

Pourquoi les murales de MU ont-elles un impact social plus marqué dans certains quartiers, comme les HLM ?

Les murales installées dans des habitations à loyers modiques génèrent un sentiment de fierté chez les résidents, modifiant leur rapport à leur environnement immédiat. Les observations de MU montrent une réduction des dépôts de déchets illégaux et une appropriation accrue des espaces communs, comme l’ajout de fleurs sur les balcons. Ces effets illustrent comment l’art public peut agir comme levier de cohésion sociale et de valorisation des lieux.

Ce que ça pourrait changer

L’expérience de MU pourrait inspirer d’autres villes à développer des modèles hybrides d’art public, combinant financement municipal, partenariats privés et ancrage communautaire. Cependant, la dépendance aux subventions et la difficulté à convaincre les propriétaires de murs pourraient limiter la généralisation de cette approche, surtout dans les quartiers centraux où la pression immobilière est forte. À plus long terme, l’organisme pourrait jouer un rôle clé dans la définition d’un nouveau standard pour l’art urbain, où l’esthétique s’allie systématiquement à une fonction sociale.

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