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SOCIÉTÉ

Carney’s war on workers would make the right to strike meaningless

Source unique·il y a 1 h

Mark Carney, élu en 2025 sur une promesse de protection des valeurs canadiennes face à l’influence américaine, s’attaque aujourd’hui aux droits des travailleurs en instrumentalisant le concept de modernisation pour justifier un durcissement sans précédent du cadre légal des grèves. Derrière ce discours technocratique se cache une stratégie délibérée : vider de sa substance le droit de grève, pilier historique de la lutte syndicale, au nom d’une logique d’attractivité économique pour les investisseurs. Une manœuvre qui révèle une contradiction fondamentale entre les promesses de campagne et les choix politiques du gouvernement libéral.

Quelles mesures concrètes le gouvernement Carney propose-t-il pour restreindre le droit de grève ?

Le gouvernement envisage d’introduire une médiation obligatoire avant toute grève, ainsi que des outils de back-to-work legislation renforcés, visant à empêcher les conflits sociaux avant même qu’ils ne surviennent. Ces propositions s’ajoutent à l’utilisation systématique de l’arbitrage contraignant, déjà critiquée pour son inefficacité à prévenir les grèves. L’objectif affiché est de limiter les arrêts de travail à 5 % des cas, transformant ainsi un droit constitutionnel en une possibilité théorique sans portée pratique.

Qui sont les principaux acteurs politiques défendant cette politique anti-grèves ?

La ministre des Emplois et des Familles, Patty Hajdu, et le ministre des Transports, Steven MacKinnon, sont les figures publiques les plus visibles pour justifier cette offensive. Tous deux insistent sur la nécessité de protéger les investissements et l’emploi, tout en niant une remise en cause du droit de grève — une position qualifiée de doublespeak par l’auteur. Leur discours s’aligne sur une vision où les droits des travailleurs sont subordonnés aux impératifs du capital, y compris ceux des investisseurs américains.

Pourquoi les entreprises et les investisseurs sont-ils au cœur de cette stratégie gouvernementale ?

Les entreprises estiment que les outils actuels de régulation des conflits (comme l’article 107 du Code canadien du travail) interviennent trop tard pour éviter des pertes économiques. Leur pression sur le gouvernement vise à instaurer un cadre où les grèves seraient neutralisées avant même de pouvoir exercer une pression sur les employeurs. Cette logique repose sur l’idée que toute perturbation, même ponctuelle, est incompatible avec la stabilité recherchée par les investisseurs, notamment ceux alignés sur les intérêts de Donald Trump.

Ce que ça pourrait changer

Si ces mesures sont adoptées, elles pourraient affaiblir durablement le pouvoir de négociation des syndicats et normaliser une culture où les droits des travailleurs sont conditionnés à leur non-exercice. À long terme, cette politique risque de creuser les inégalités et de transformer le Canada en un modèle économique où la flexibilité du travail prime sur la justice sociale, au mépris des promesses de protection des valeurs canadiennes brandies lors de l’élection de 2025.

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