Le PQ estime les coûts d’un référendum à 130 millions
Le Parti québécois (PQ) assume désormais un chiffrage précis pour son projet référendaire sur la souveraineté du Québec, évalué à 130 millions de dollars. En révélant ces coûts en pleine campagne électorale, Paul St-Pierre Plamondon mise sur la transparence pour contrer les critiques de ses adversaires, tout en soulignant le caractère démocratique d’une consultation populaire. Mais derrière cette annonce budgétaire se cache une stratégie politique plus large, où la souveraineté devient un enjeu de crédibilité économique et de légitimité institutionnelle.
Pourquoi le PQ a-t-il attendu plusieurs semaines avant de dévoiler le coût de son référendum ?
Le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a d’abord refusé de répondre aux questions des journalistes sur le sujet lors d’un événement le 28 août, avant de finalement détailler les coûts en entrevue avec La Presse canadienne. Cette réticence initiale pourrait s’expliquer par une stratégie de campagne visant à éviter de donner des munitions à ses adversaires, ou par une volonté de structurer d’abord une réponse complète avant de la rendre publique.
Quels postes de dépenses sont inclus dans les 130 millions de dollars annoncés ?
Le PQ prévoit 20 à 30 millions pour la préparation du référendum (études, consultations, commission itinérante sur une constitution provisoire), répartis sur 2027-2029, et 110 millions pour la tenue du scrutin en 2029-2030. Ces chiffres excluent cependant les coûts post-référendaires, comme la création d’une armée québécoise, qui ne seraient intégrés que dans un cadre budgétaire post-indépendance.
Comment le PQ justifie-t-il ce montant face aux critiques sur son réalisme économique ?
Paul St-Pierre Plamondon présente ce cadre financier comme une approche prudente et transparente, soulignant que les 130 millions représentent un resserrement du gaspillage historique plutôt qu’un surcoût. Il rejette l’idée que la tenue d’un référendum soit un fardeau, la qualifiant de démocratique et inhérente à la souveraineté, tout en promettant que le budget global du Québec ne serait pas alourdi par cette consultation.
Quel rôle jouerait un futur ministre de l’Indépendance dans ce processus ?
Si le PQ forme le gouvernement, ce ministre remplacerait le ministre des Relations canadiennes et superviserait le processus d’indépendance, incluant la tenue du référendum. Il devrait puiser dans les budgets existants, avec l’engagement de ne pas augmenter la taille de son ministère. Ce changement institutionnel reflète une redéfinition des relations intergouvernementales avec Ottawa, désormais subordonnées au projet souverainiste.
Ce que ça pourrait changer
Cette annonce pourrait renforcer la crédibilité du PQ sur le terrain économique, un domaine où ses adversaires l’accusent souvent de manquer de rigueur. Cependant, elle expose aussi le parti à des critiques sur la précision de ses projections, notamment si des imprévus font gonfler la facture. Politiquement, cette transparence vise à désamorcer les attaques sur le référendum comme projet irresponsable, tout en ancrant la souveraineté dans une logique de gouvernance responsable — un pari risqué dans un contexte où les Québécois restent divisés sur l’idée d’un nouveau vote.

