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GÉNÉRALISTE

Ottawa veut empêcher Hydro-Québec de tuer des poissons et ça coûterait des milliards

Source unique·il y a 21 j

Le gouvernement fédéral impose à partir d’octobre 2026 des normes environnementales strictes aux centrales hydroélectriques existantes, une décision qui pourrait coûter des milliards à Hydro-Québec et bouleverser son modèle de production. Cette réglementation, perçue comme irréaliste par l’industrie, révèle un conflit de compétences entre Ottawa et les provinces, tout en interrogeant la compatibilité entre protection des écosystèmes et transition énergétique.

Quelles sont les principales exigences imposées par Pêches et Océans Canada aux centrales hydroélectriques existantes ?

Le ministère impose des normes visant à limiter les variations de débit des réservoirs, à éviter l’isolement des poissons, à réduire les mortalités lors du passage dans les turbines et à mettre en place des mesures de sauvetage pour les poissons piégés. Ces exigences s’appliqueront à partir du 15 octobre 2026, y compris pour les installations construites avant 1977, date de l’introduction des premières protections dans la Loi sur les pêches.

Pourquoi l’industrie hydroélectrique, dont Hydro-Québec, qualifie-t-elle ces nouvelles règles d’irréalistes ?

L’industrie argue que ces normes sont incompatibles avec le fonctionnement normal des réservoirs, qui implique inévitablement des variations de niveau et de débit. Elle souligne aussi l’impossibilité pratique de surveiller et de sauver des poissons sur des milliers de kilomètres de rives, souvent inaccessibles, ainsi que les coûts exorbitants des travaux de réfection nécessaires pour adapter les turbines.

Quel est l’enjeu politique et juridique soulevé par cette réglementation ?

Cette intervention fédérale dans un domaine traditionnellement provincial (l’utilisation des barrages et de l’eau) risque de créer des tensions avec le gouvernement québécois, notamment sous un gouvernement du Parti québécois. Par ailleurs, l’absence de consultation en français dans les documents initiaux est dénoncée comme une atteinte à l’équité et à l’inclusivité du processus.

En quoi cette nouvelle réglementation pourrait-elle contrarier les objectifs énergétiques du gouvernement canadien ?

Les producteurs d’hydroélectricité estiment que ces contraintes opérationnelles pourraient réduire la capacité de production des centrales, alors que le premier ministre Mark Carney vise à doubler la production d’électricité d’ici 2050 pour soutenir l’électrification et la décarbonation. Cette mesure s’ajoute aussi au fardeau administratif que le gouvernement libéral cherche pourtant à réduire.

Ce que ça pourrait changer

Cette réglementation pourrait entraîner des investissements massifs pour adapter les infrastructures existantes, avec un risque de baisse de production électrique au moment où le Canada cherche à augmenter sa capacité. Elle soulève aussi des questions sur l’équilibre entre protection environnementale et transition énergétique, ainsi que sur la cohérence des politiques fédérales et provinciales dans un contexte de tensions sur les compétences.

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