La Banque du Canada craint que le conflit commercial ne pèse sur la confiance
La décision de la Banque du Canada de maintenir son taux directeur à 2,25 % en septembre 2026 s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales accrues avec les États-Unis, où les craintes d’un affaiblissement de la confiance des acteurs économiques ont joué un rôle clé. Alors que l’économie canadienne affichait des signes de reprise en août, l’escalade des mesures protectionnistes menace désormais de freiner les investissements et la consommation, révélant les limites des politiques monétaires face aux chocs externes.
Quels événements récents ont influencé la décision de la Banque du Canada de maintenir son taux directeur ?
La Banque du Canada a justifié son statu quo par la crainte que l’escalade du conflit commercial avec les États-Unis, marqué par des droits de douane de 50 % imposés le 22 août sur 28 milliards de dollars de produits canadiens, n’érode la confiance des entreprises et des consommateurs. Cette décision intervient alors que l’économie montrait des signes de reprise, mais que les responsables monétaires anticipaient un impact négatif sur les dépenses des ménages, les investissements et l’emploi en cas de poursuite des tensions tarifaires.
Pourquoi la Banque du Canada ne considère-t-elle pas les contre-droits de douane canadiens comme un risque inflationniste majeur ?
La Banque du Canada estime que les contre-mesures canadiennes, ciblant des intrants intermédiaires comme l’acier ou des biens substituables, auront un impact modéré et étalé dans le temps sur l’inflation. Contrairement aux droits de douane américains, ces mesures n’affecteraient pas directement les prix à la consommation, limitant ainsi leur incidence inflationniste.
Quel rôle joue la hausse des prix de l’énergie dans les délibérations de la Banque du Canada ?
La Banque du Canada surveille de près les tensions géopolitiques en Iran, qui perturbent le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et maintiennent les cours du pétrole à un niveau élevé. Bien que les prix de l’essence n’aient pas encore contaminé d’autres secteurs, leur persistance prolongée pourrait, selon elle, alimenter des pressions inflationnistes. À l’inverse, un ralentissement économique lié au conflit commercial pourrait partiellement contrebalancer ces pressions.
Ce que ça pourrait changer
Cette situation pourrait contraindre la Banque du Canada à ajuster sa politique monétaire dès octobre 2026, si l’inflation persiste ou si la croissance économique se dégrade davantage. Les ménages et les entreprises devront composer avec une incertitude accrue, susceptible de freiner leur consommation et leurs investissements, tandis que les secteurs exportateurs, déjà fragilisés par les droits de douane, pourraient subir un nouveau ralentissement.

