En Corée du Sud, l’appli pour suivre son harceleur protège-t-elle vraiment les femmes ?
En Corée du Sud, l’État tente de répondre à l’explosion des violences de type stalking par une application de surveillance en temps réel des harceleurs. Mais cette mesure, lancée après l’assassinat d’une jeune femme en mars 2026, soulève des questions sur son efficacité réelle et ses limites face à un phénomène qui touche disproportionnellement les femmes. Entre urgence sécuritaire et risques de dérive technologique, le dispositif interroge autant qu’il rassure.
Quelle est la mesure concrète mise en place par les autorités sud-coréennes face au stalking ?
Le gouvernement a lancé en juin 2026 une application permettant aux victimes de suivre les déplacements de leur harceleur dès qu’il s’approche d’elles, en temps réel. Cette initiative fait suite à l’assassinat d’une jeune femme en mars 2026 par son harceleur, poussant le quotidien Kyunghyang Shinmun à réclamer des mesures préventives urgentes.
Quel est l’ampleur du phénomène du stalking en Corée du Sud et qui sont les principales victimes ?
Le nombre de signalements pour stalking a triplé récemment, avec 80 % des victimes étant des femmes. Environ 19 000 alertes sont traitées chaque jour dans deux centres spécialisés (Séoul et Daejeon), concernant plus de 5 000 personnes sous surveillance électronique pour des infractions allant des violences sexuelles au meurtre.
Quels sont les défis opérationnels de cette application de surveillance ?
Le système génère un volume massif d’alertes quotidiennes (19 000), ce qui pose la question de la capacité des centres à traiter ces données en temps réel et d’éviter les faux positifs ou les alertes intempestives. Les témoignages recueillis par le Guardian soulignent également la pression psychologique sur les victimes, contraintes de rester en alerte permanente.
Ce que ça pourrait changer
Cette application pourrait renforcer la sécurité des victimes, mais son efficacité dépendra de sa capacité à éviter les erreurs de ciblage et à ne pas reproduire des logiques de surveillance intrusive. Elle interroge aussi sur l’équilibre entre protection et liberté individuelle, ainsi que sur la charge mentale imposée aux victimes. Enfin, elle révèle l’urgence d’une réponse structurelle au stalking, au-delà des outils technologiques.

