Les centres de données sont derrière la moitié des demandes de mégawatts au Québec
La demande en électricité des centres de données, tirée par l’essor de l’intelligence artificielle, bouleverse les équilibres énergétiques du Québec. Avec la moitié des demandes de mégawatts adressées à Hydro-Québec émanant de cette industrie, le gouvernement se retrouve face à un dilemme : répondre à l’appétit insatiable de ces infrastructures tout en préservant l’équité tarifaire et la stabilité du réseau. Cette tension révèle les limites d’une ressource devenue rare et les arbitrages politiques qui en découlent.
Quelle est la part exacte des centres de données dans les demandes de mégawatts au Québec, et sur quel volume total ces demandes s’appuient-elles ?
Au 30 septembre 2026, les centres de données représentent près de 2 500 mégawatts (MW) sur un total de 5 390 MW de demandes examinées par le gouvernement québécois, soit environ 46 % du volume global. Cette proportion illustre l’ampleur de leur impact sur les ressources énergétiques disponibles.
Quels acteurs industriels sont directement concernés par la hausse des tarifs d’électricité proposée par Hydro-Québec, et quels sont leurs arguments contre cette mesure ?
Des entreprises comme Google et Keel Infrastructure, ainsi que la Coalition des centres de données (regroupant QScale et Vantage), s’opposent à la proposition d’Hydro-Québec de doubler le tarif de l’électricité pour leur secteur, passant de 6,8 à 13 cents le kilowattheure. Elles dénoncent une mesure discriminatoire et inéquitable, arguant que les tarifs devraient rester neutres et fondés sur des coûts réels.
Quels critères le gouvernement québécois utilise-t-il pour attribuer les mégawatts disponibles, et dans quel contexte de rareté ces règles s’appliquent-elles ?
Le gouvernement évalue les demandes selon sept critères : la capacité technique d’Hydro-Québec à raccorder les projets, les retombées économiques, les impacts environnementaux et sociaux, le développement régional, la cohérence stratégique et la maturité des projets. Ces règles interviennent dans un contexte où les mégawatts disponibles sont devenus une denrée rare, avec une marge résiduelle de seulement quelques centaines de MW pour de nouveaux projets industriels.
Ce que ça pourrait changer
Cette situation pourrait accélérer la révision des modèles tarifaires et des priorités énergétiques au Québec, avec un risque de report des coûts sur les consommateurs ou d’exclusion des projets moins stratégiques. Elle met aussi en lumière la dépendance croissante des infrastructures numériques aux ressources limitées, un enjeu qui dépasse les frontières québécoises et interroge la soutenabilité des modèles économiques actuels.

