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PHILOSOPHIE

Denis Moreau : “Catho de gauche cherche ‘katechon’ désespérément”

Source unique·il y a 6 j

Denis Moreau, philosophe et intellectuel catholique de gauche, interroge la possibilité d’un rempart face à l’ascension électorale de l’extrême droite en France, en s’appuyant sur un concept théologico-politique controversé : le katechon. À travers une analyse rétrospective de la progression du Rassemblement national (RN) depuis les années 1980, il révèle une tension entre l’urgence d’un combat politique et l’héritage ambigu d’un outil conceptuel forgé par un penseur proche du nazisme. Cette réflexion interroge moins les faits que la légitimité des cadres intellectuels disponibles pour penser une résistance à l’extrême droite dans un contexte de crise démocratique.

Pourquoi Denis Moreau se tourne-t-il vers le concept de katechon pour analyser la montée de l’extrême droite en France ?

Denis Moreau, en tant que catholique de gauche, cherche un cadre théorique pour contrer la progression du RN, qu’il perçoit comme une menace historique et politique. Le katechon — figure biblique censée retarder l’avènement de l’Antéchrist — lui offre un outil pour penser une résistance, mais son origine dans la pensée de Carl Schmitt, proche du nazisme, le place dans une position paradoxale et inconfortable.

Quels sont les jalons marquants de l’ascension électorale du RN selon Denis Moreau ?

Moreau retrace l’évolution du FN puis du RN depuis 1974 (0,75 % des voix pour Jean-Marie Le Pen) jusqu’en 2024, où le parti frôle la majorité absolue après la dissolution de l’Assemblée nationale. Il souligne des étapes symboliques comme les 10 % aux européennes de 1984, la qualification de Le Pen au second tour en 2002, puis des scores de 33 % en 2017 et 42 % en 2022, illustrant une progression continue et inquiétante.

Quel rôle joue l’affect dans la posture politique de Denis Moreau ?

Moreau évoque une « détestation viscérale » de l’extrême droite, nourrie par son éducation et par une lecture critique de ses fondements idéologiques (xénophobie, antisémitisme, autoritarisme). Cet affect, bien que subjectif, structure sa réflexion et son engagement politique, tout en le confrontant à la difficulté de penser une résistance sans recourir à des catégories morales ou théologiques.

Ce que ça pourrait changer

Cette réflexion révèle une crise des cadres théoriques et politiques disponibles pour penser la résistance à l’extrême droite, où les outils traditionnels de la gauche ou du catholicisme semblent insuffisants. Elle interroge aussi la légitimité des héritages intellectuels, notamment ceux liés à la pensée de Carl Schmitt, dans un contexte où leur usage pose des problèmes éthiques et historiques. Enfin, elle souligne l’urgence d’une réinvention des stratégies politiques face à une menace perçue comme inéluctable.

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