Pas «pragmatique», court-termiste
L’usage répété du terme pragmatique pour justifier l’inaction climatique révèle une distorsion sémantique où l’empirisme anglo-saxon sert à légitimer des choix politiques court-termistes. Cet angle mort médiatique, en normalisant l’électoralisme comme une forme de rationalité, occulte les risques systémiques d’une gestion myope des crises environnementales, alors que les rapports scientifiques alertent sur des bouleversements déjà irréversibles.
Pourquoi l’auteur remet-il en cause l’emploi du mot pragmatique dans le débat climatique ?
Parce que ce terme, ancré dans une culture du common sense anglo-saxonne, est utilisé pour décrire des reports d’actions climatiques sous couvert de rationalité, alors que les données scientifiques (comme celles de l’ONU ou du gouvernement canadien) montrent que ces reports aggravent des risques déjà irréversibles, notamment au Canada où les températures pourraient augmenter de 3,5 °C d’ici 2100.
Quel parallèle l’auteur établit-il entre la gestion financière personnelle et la gestion politique des crises climatiques ?
Il souligne l’hypocrisie d’un discours qui exige des individus qu’ils planifient leur retraite via des REER ou des CELI pour assurer leur avenir, tout en qualifiant de pragmatique des élus qui sacrifient l’avenir climatique sur l’autel d’un horizon électoral de quatre ans, au mépris des intérêts composés des générations futures.
Quelle alternative terminologique l’auteur propose-t-il pour décrire les choix politiques actuels sur le climat ?
Il suggère de remplacer pragmatique par court-termiste ou électoraliste, des termes qui reflètent mieux la logique des démocraties occidentales où les décisions sont rarement évaluées au-delà d’un mandat, contrairement à certaines traditions autochtones qui intègrent une vision sur sept générations.
Ce que ça pourrait changer
Ce renversement sémantique pourrait déconstruire l’illusion d’une neutralité dans le débat climatique et forcer les médias et les électeurs à interroger les motivations réelles derrière les compromis politiques. À terme, cela pourrait favoriser une réévaluation des critères de raisonnable en politique, en intégrant davantage les impératifs intergénérationnels dans les évaluations des politiques publiques.

