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CULTURE

Le paysage vu depuis la géographie critique : moins contemplatif, moins patrimonial

Source unique·2 oct.

La géographie critique réinvente notre rapport au paysage en le dépouillant de sa dimension contemplative ou patrimoniale traditionnelle. À travers les travaux récents de chercheurs et d’ethnologues, le paysage n’est plus un objet esthétique ou historique figé, mais un champ de forces où s’entrecroisent rapports de pouvoir, enjeux didactiques et transformations sociales. Cette approche dénaturalisante invite à repenser la manière dont les sociétés interagissent avec leur environnement, loin des postures passives ou nostalgiques.

En quoi la géographie critique transforme-t-elle la perception traditionnelle du paysage ?

La géographie critique déconstruit l’idée d’un paysage contemplatif ou patrimonial pour en faire un outil politique et social, révélateur de rapports de domination, de conflits d’usage ou de constructions culturelles. Elle insiste sur son caractère dynamique, produit de relations humaines et de contextes historiques, plutôt que sur sa valeur esthétique ou mémorielle.

Quels acteurs et quelles disciplines contribuent à cette réinterprétation du paysage ?

Plusieurs collectifs de chercheurs en didactique du paysage, comme ceux réunis autour de Léa Sallenave, Anne Sgard et Sandrine Billeau, ainsi qu’un écosystème universitaire genevois dédié, travaillent à formaliser cette approche. L’ethnologue Martin de la Soudière, dont les archives et rééditions récentes (Le Cahier vert, Arpenter le paysage) sont mobilisées, incarne aussi cette tradition critique par son travail de terrain et sa critique des postures contemplatives.

Quel rôle joue le Festival international de géographie de Saint-Dié-des-Vosges dans ce débat ?

Le festival, dont le thème en 2026 porte sur le paysage, sert de cadre de diffusion pour ces nouvelles approches. Il met en lumière la manière dont la géographie critique et la didactique peuvent renouveler les débats sur la notion de paysage, en le présentant comme un contexte relationnel plutôt qu’un objet esthétique ou historique.

Pourquoi les archives radiophoniques de Martin de la Soudière sont-elles réactualisées aujourd’hui ?

Ses enregistrements, notamment ceux de l’émission Sur les docks en 2011, illustrent une méthode de terrain qui rompt avec la vision romantique du paysage. En réécoutant ses échanges avec des chercheurs comme François Teste ou Laurent Le Gall, ou ses dialogues avec Jean Jouzel, on redécouvre une approche où le paysage est d’abord un terrain d’enquête et un objet de dialogue, bien loin de la posture passive du spectateur.

Ce que ça pourrait changer

Cette réinvention du paysage pourrait entraîner une refonte des politiques publiques et des pratiques éducatives, en intégrant davantage les dimensions sociales et politiques dans la gestion des territoires. Elle questionne aussi la place de l’art et de la culture dans la perception environnementale, invitant à une réappropriation critique des espaces par les citoyens. Enfin, elle soulève des enjeux éthiques sur la manière dont les paysages sont construits, appropriés ou contestés par différents groupes sociaux.

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