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CULTURE

Vu à la Mostra de Venise 2026 : « DAU », le film monstre d’Ilya Khrzhanovsky

Source unique·il y a 9 j

Présenté à la Mostra de Venise 2026, DAU d’Ilya Khrzhanovsky incarne une expérience cinématographique radicale, à la fois monumentale et controversée. Ce projet, qui mêle reconstitution historique et immersion extrême, interroge moins le film lui-même que les limites éthiques et esthétiques d’une démarche où le processus l’emporte parfois sur le résultat.

En quoi DAU se distingue-t-il d’un tournage cinématographique traditionnel ?

DAU repose sur une immersion totale des participants, qui devaient incarner leur personnage en permanence, y compris hors des prises de vue, transformant le plateau en une micro-société autarcique. Le tournage, étalé sur plusieurs années, a généré des centaines d’heures de rushes montées a posteriori, donnant naissance à un film-somme de 3h30 présenté à Venise.

Quels sont les éléments historiques au cœur du projet et comment sont-ils traités ?

Le film s’inspire de la vie de Lev Landau, physicien soviétique des années 1930-40, d’abord opposant au régime stalinien avant de contribuer à la bombe atomique soviétique. Son personnage est incarné par Teodor Currentzis, mais le projet dépasse largement sa biographie pour reconstituer l’atmosphère d’un institut scientifique ukrainien, avec une attention particulière portée aux dynamiques de pouvoir et à la violence institutionnelle.

Pourquoi DAU suscite-t-il des controverses, notamment autour de son tournage ?

Le film est associé à des rumeurs d’abus psychologiques sur le plateau, notamment des scènes de torture et de violence sexuelle, bien que ces allégations soient qualifiées de « rumeurs » par l’AFP. Par ailleurs, la durée et l’intensité de l’immersion ont soulevé des questions sur l’équilibre entre l’ambition artistique et le respect des participants, certains estimant que l’expérience vécue en dehors du cadre filmé est difficilement transposable à l’écran.

Ce que ça pourrait changer

L’approche de DAU pourrait redéfinir les frontières entre art et éthique, notamment dans les projets à grande échelle où l’immersion des participants devient un sujet de débat en soi. Elle pose aussi la question de la légitimité d’un cinéma qui, en privilégiant le processus sur le produit, risque de réduire l’expérience spectatorielle à une curiosité formelle, voire à une performance autoréférentielle.

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