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GÉNÉRALISTE

Anaïs Barbeau-Lavalette insuffle la fougue de Pauline Julien au grand écran

Source unique·il y a 22 j

Le nouveau film Pauline Julien : Femme pays, réalisé par Anaïs Barbeau-Lavalette et coécrit avec Véronique Côté, propose une réinterprétation audacieuse de l’icône québécoise Pauline Julien. En s’affranchissant du biopic traditionnel, les autrices explorent moins un mythe qu’une humanité vibrante, où la fougue politique et artistique se mêle aux failles intimes. Ce choix formel et narratif interroge la manière dont le cinéma peut restituer une figure historique sans la sacraliser, tout en offrant un miroir contemporain à son héritage.

Pourquoi Anaïs Barbeau-Lavalette et Véronique Côté ont-elles choisi une structure narrative non chronologique pour le film ?

Elles rejettent délibérément la linéarité classique des biopics, estimant qu’elle ne pouvait rendre justice à la complexité de Pauline Julien, une femme « absolument libre ». La forme éclatée, inspirée des taches de peinture automatiste, permet de mêler des événements majeurs (comme son refus de chanter pour la reine Élisabeth II ou la crise d’Octobre) à des moments intimes, reflétant ainsi la continuité des désirs et des contradictions qui animaient son existence.

Quel rôle joue la dualité entre vulnérabilité et puissance dans la représentation de Pauline Julien à l’écran ?

Le film met en lumière une tension constitutive de son personnage : ses crises de panique avant les spectacles (qu’elle vomissait) contrastent avec l’image de la « lionne » sur scène. Cette dualité, soulignée par Véronique Côté, illustre une idée centrale du récit : la puissance ne peut se comprendre sans sa contrepartie, la vulnérabilité. Une approche qui déconstruit l’image d’une héroïne inébranlable pour en révéler l’humanité.

Comment le film aborde-t-il les contradictions de Pauline Julien, notamment ses absences en tant que mère ?

Le scénario assume les imperfections de son parcours, y compris les traces laissées par ses choix engagés et artistiques, loin de ses enfants. Alexa-Jeanne Dubé, qui incarne sa fille Pascale, évoque le courage nécessaire pour être « entier » tout en assumant les deuils et les pertes inhérents à une vie aussi radicale. Ce traitement vise à humaniser une figure souvent idéalisée, en montrant que l’authenticité a un prix.

Ce que ça pourrait changer

Ce film pourrait inspirer une relecture des figures historiques québécoises, en privilégiant une narration qui embrasse leurs contradictions plutôt que de les édulcorer. Il invite aussi à interroger la manière dont le cinéma contemporain peut rendre compte de l’héritage féministe et politique, en évitant les pièges de la mythification. Enfin, il offre un souffle de modernité en rappelant que les combats pour la liberté, qu’ils soient artistiques ou intimes, restent d’une actualité brûlante.

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