Souveraineté numérique : « L’Europe doit tracer une voie entre le libertarianisme technologique américain et le techno-autoritarisme chinois »
L’Europe se trouve à la croisée des chemins face à une dépendance numérique croissante, révélée par une étude Capgemini où 86 % des entreprises interrogées dépendent de technologies étrangères. Entre le libertarianisme technologique américain et le techno-autoritarisme chinois, l’Union européenne doit désormais tracer une troisième voie pour éviter de perdre le contrôle de son destin numérique, comme en témoignent les risques juridiques et économiques liés à l’extraterritorialité des législations étrangères.
Quels sont les risques concrets de la dépendance numérique européenne selon l’article ?
La dépendance numérique expose l’Europe à des vulnérabilités politiques et économiques majeures, notamment lorsque des fournisseurs étrangers modifient unilatéralement leurs tarifs, restreignent l’accès à leurs services ou imposent leurs règles. Les données traitées par des groupes soumis à des législations extraterritoriales rendent la souveraineté juridique européenne illusoire, tandis que les entreprises et administrations subissent les choix de ces acteurs externes.
Pourquoi l’Europe peine-t-elle à réduire sa dépendance technologique malgré les alertes ?
L’article souligne un manque de prise de conscience généralisé parmi les dirigeants : seulement 11 % des dirigeants français intègrent la souveraineté numérique comme critère de choix pour des solutions numériques, et 57 % ne perçoivent pas de risque majeur à dépendre de fournisseurs non européens. Cette inertie s’explique par une méconnaissance des enjeux et une confiance excessive dans les acteurs dominants du marché.
Quel modèle alternatif l’Europe pourrait-elle adopter pour affirmer sa souveraineté numérique ?
L’article propose la création d’une « communauté européenne du code et des algorithmes » (CECA), inspirée de la CECA historique de 1951, mais centrée sur le numérique. Ce projet vise à réduire la dépendance aux technologies étrangères en structurant une autonomie collective, à l’image du marché réglementé européen qui a fait ses preuves dans d’autres domaines.
Ce que ça pourrait changer
Une souveraineté numérique européenne affirmée pourrait redéfinir l’équilibre géopolitique en matière technologique, en offrant une alternative crédible aux modèles américain et chinois. À l’inverse, l’inaction ou le retard dans la mise en œuvre de telles initiatives risquent d’aggraver la dépendance stratégique de l’Europe, avec des conséquences durables sur son autonomie décisionnelle et la protection de ses données.

