Les engoulevents ont une façon de voler unique qui ressemble à celle des chauves-souris
L’engoulevent, oiseau nocturne méconnu, défie les lois classiques du vol aviaire en exploitant une mécanique aérodynamique jusqu’ici attribuée aux chauves-souris. Cette découverte, issue d’une étude suédoise publiée en 2026, révèle un compromis évolutif entre agilité et endurance, remettant en cause l’idée d’un vol aviaire optimisé pour la seule efficacité. Elle ouvre aussi des pistes pour l’ingénierie biomimétique, notamment dans la conception de drones à ailes battantes.
Quelle particularité du vol de l’engoulevent a surpris les chercheurs ?
Contrairement à la majorité des oiseaux, l’engoulevent produit une poussée vers l’avant pendant la remontée de ses ailes, et non uniquement lors du battement descendant. Ce mécanisme, qui génère des tourbillons inversés à l’extrémité des ailes, était jusqu’ici observé chez les chauves-souris et les insectes, mais jamais chez un oiseau.
Pourquoi cette découverte est-elle inattendue dans le monde aviaire ?
La plupart des oiseaux replient leurs ailes lors de la remontée pour réduire la résistance de l’air, tandis que la descente assure la propulsion. L’engoulevent, lui, conserve ses ailes largement déployées (à près de 80 %), transformant cette particularité anatomique en avantage aérodynamique plutôt qu’en contrainte.
Quels avantages cette mécanique offre-t-elle à l’engoulevent dans son environnement naturel ?
Ses ailes larges et fendues lui permettent de voler lentement, de réaliser des virages serrés et de capturer ses proies (insectes nocturnes) avec précision dans l’obscurité. Cette adaptation compense son incapacité à voler à haute vitesse, où la portance deviendrait inefficace en raison d’une répartition irrégulière de l’air le long de l’aile.
Quelles limites cette étude laisse-t-elle subsister ?
Les chercheurs n’ont pas encore déterminé si d’autres espèces d’oiseaux ou d’animaux volants utilisent ce même mécanisme. Une centaine d’espèces d’engoulevents existent, offrant un vaste champ d’investigation pour vérifier si cette innovation aérodynamique est unique ou plus répandue qu’on ne le pensait.
Ce que ça pourrait changer
Cette découverte pourrait inspirer les concepteurs de drones à ailes battantes, souvent confrontés au problème des ailes qui ne se replient pas parfaitement entre deux cycles. En s’inspirant de l’engoulevent, ces engins pourraient gagner en stabilité et en manœuvrabilité, notamment pour des missions nécessitant des mouvements lents et précis. À plus long terme, elle soulève aussi des questions sur l’évolution des stratégies de vol chez les oiseaux, bousculant les modèles classiques d’optimisation aérodynamique.

