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SCIENCES

Près du mur d’Hadrien, des latrines vieilles de 1 800 ans révèlent que les soldats romains étaient massivement contaminés par des parasites intestinaux

Source unique·il y a 4 j

L’analyse des latrines du fort romain de Vindolanda, près du mur d’Hadrien, révèle une réalité sanitaire méconnue : les soldats et leurs familles étaient massivement exposés à des parasites intestinaux il y a 1 800 ans. Cette découverte, basée sur l’étude de sédiments contaminés, interroge la capacité des infrastructures romaines à protéger une population en promiscuité, tout en offrant un éclairage inédit sur les conditions de vie aux marges de l’Empire.

Quels parasites ont été identifiés dans les latrines de Vindolanda et quelle est leur prévalence ?

Les chercheurs ont détecté trois types de parasites : le ver rond Ascaris (présent dans 22 % des échantillons), le trichure Trichuris (4 %) et le protozoaire Giardia duodenalis (confirmé par un test ELISA). Cette co-occurrence suggère une contamination fécale persistante dans l’environnement immédiat des soldats et de leurs familles.

Pourquoi les infrastructures romaines n’ont-elles pas permis d’éviter ces contaminations ?

Malgré des systèmes de drainage et d’évacuation sophistiqués, comme un aqueduc alimentant des thermes à proximité, les sols sujets aux remontées d’eau et la promiscuité des latrines ont favorisé la persistance des parasites. Les parasites à transmission fécale-orale, comme Giardia, profitent des sources d’eau contaminées ou des aliments souillés, difficiles à contrôler même avec des aménagements avancés.

Quelles populations étaient les plus vulnérables à ces infections et pourquoi ?

Les enfants étaient particulièrement exposés, comme l’explique Piers Mitchell, paléoparasitologue. Une infection chronique par Giardia, Ascaris ou Trichuris pouvait entraîner déshydratation, retards de croissance et affaiblissement cognitif durable. La présence de familles (femmes, enfants, civils) sur le site, bien que les soldats n’aient pas le droit légal de se marier, a amplifié la transmission des pathogènes.

En quoi Vindolanda est-il représentatif des conditions sanitaires dans l’Empire romain ?

Les analyses paléoparasitologiques menées sur d’autres sites militaires comme Carnuntum (Autriche) ou Viminacium (Serbie) révèlent des profils d’infection similaires (Ascaris et Trichuris), suggérant que les camps romains partageaient des conditions propices à la transmission de ces parasites. L’absence de parasites zoonotiques à Vindolanda indique une contamination principalement humaine, malgré la présence d’animaux comme les porcs.

Ce que ça pourrait changer

Ces résultats remettent en cause l’image d’une armée romaine invincible, en soulignant l’impact des conditions sanitaires sur la santé des soldats et leur efficacité militaire. Ils ouvrent aussi des pistes pour réévaluer la gestion des infrastructures dans les sociétés anciennes, où le progrès technique ne suffisait pas à éliminer les risques biologiques. Enfin, cette étude rappelle que les parasites intestinaux, souvent associés aux pays en développement, étaient déjà un enjeu majeur il y a deux millénaires.

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