Ukraine : l’ONU dénonce les violences sexuelles infligées à des prisonniers et civils par les forces russes
La révélation par l’ONU de plus de 1 000 cas de violences sexuelles en Ukraine, majoritairement attribués aux forces russes, pose une question cruciale : comment des pratiques systématiques de torture à caractère sexuel deviennent-elles un outil de guerre dans ce conflit ? Au-delà du décompte macabre, ce rapport interroge l’efficacité des mécanismes internationaux pour documenter et sanctionner ces crimes, alors que l’accès aux territoires occupés reste impossible et que les victimes, souvent des hommes, décrivent des méthodes d’une brutalité inédite.
Quelles méthodes de violences sexuelles sont documentées dans le rapport de l’ONU et qui en sont les principaux auteurs ?
Le rapport recense des viols, des mutilations génitales, des décharges électriques infligées aux organes sexuels, des violences collectives et des traitements dégradants comme la nudité forcée. Les autorités russes, incluant militaires, services de sécurité et administration pénitentiaire, sont responsables de 89 % des cas, tandis que les autorités ukrainiennes en sont accusées dans 11 % des situations, principalement contre des prisonniers de guerre russes ou des ressortissants étrangers.
Pourquoi le nombre réel de victimes est-il probablement bien supérieur aux 1 000 cas documentés ?
Les enquêteurs de l’ONU n’ont pu interroger qu’environ 10 % des prisonniers libérés et n’ont eu aucun accès aux territoires occupés par la Russie, où les violences sont supposées être les plus fréquentes. De plus, les victimes, notamment parmi les hommes détenus, hésitent souvent à témoigner en raison de la stigmatisation ou de la peur des représailles, ce qui minimise encore le bilan réel.
Quel rôle joue la dimension genrée dans ces violences, notamment envers les hommes ?
Contrairement aux stéréotypes, les hommes représentent la majorité des victimes dans les lieux de détention, où les violences sexuelles sont utilisées comme une méthode de torture ou d’humiliation. Les méthodes incluent des décharges électriques ciblées, des pénétrations forcées avec des objets et des violences collectives, révélant une instrumentalisation systématique de la sexualité masculine comme arme de guerre.
Ce que ça pourrait changer
Ce rapport pourrait relancer les pressions internationales pour une enquête pénale indépendante, notamment devant la Cour pénale internationale, mais son impact dépendra de la capacité des deux parties à coopérer avec les mécanismes onusiens. Il soulève aussi la question de la reconnaissance des violences sexuelles envers les hommes dans les conflits, souvent sous-documentées, et pourrait influencer les futures conventions de droit international humanitaire sur ce sujet.

