L’arrondissement de Côte-des-Neiges–NDG met sur pause un projet de 375 logements
La suspension d’un projet immobilier de 375 logements à Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, initialement conçu pour répondre à la crise du logement avec 20% de logements hors marché, révèle les tensions entre impératifs économiques, urgences sociales et planification urbaine. Entre concessions du promoteur, revirement politique et attentes citoyennes, cette décision interroge la capacité des municipalités à concilier développement rapide et cohérence d’ensemble dans un quartier en pleine mutation.
Pourquoi l’arrondissement de Côte-des-Neiges–NDG a-t-il mis en pause le projet de 375 logements du groupe Mach ?
La nouvelle administration, élue en novembre 2025, a décidé de suspendre le projet pour repenser la transformation du secteur du Triangle de manière globale, plutôt que de traiter isolément le lot concerné. Cette décision fait suite à des craintes exprimées par les résidents lors de consultations publiques, notamment sur l’augmentation de la circulation, le manque de stationnement et l’insuffisance d’espaces verts, alors que le promoteur avait déjà revu ses plans à la baisse pour répondre à ces préoccupations.
Quels compromis le promoteur a-t-il apportés avant la suspension du projet ?
Le groupe Mach avait réduit le nombre de logements de 540 à 375, abaissé la hauteur de la tour de 17 à 12 étages, ajouté un espace vert et un passage piéton, intégré des commerces de proximité et s’était engagé à construire 75 logements hors marché (20% du total). Malgré ces concessions, jugées insuffisantes par l’administration locale, le promoteur dénonce une décision « injustifiable » dans un contexte de crise du logement.
Quel est l’enjeu politique derrière cette suspension, au-delà des questions techniques ?
La décision s’inscrit dans un changement de gouvernance locale, avec l’arrivée en 2025 d’une nouvelle mairesse, Stephanie Valenzuela (Ensemble Montréal), qui critique le manque de planification globale du secteur. Cette approche contraste avec celle de l’ancienne administration (Projet Montréal), qui avait pourtant accéléré le projet via les « superpouvoirs » municipaux en 2024. L’opposition municipale, elle, y voit une « occasion manquée » pour financer des logements sociaux, alors que les fonds pour les 75 logements hors marché sont reportés.
Ce que ça pourrait changer
Cette suspension pourrait prolonger l’attente des résidents pour des logements abordables dans un quartier déjà dense, tout en retardant la revitalisation d’un secteur industriel en transition. Elle souligne aussi les risques d’une planification urbaine fragmentée, où les projets isolés peinent à s’intégrer dans une vision d’ensemble, surtout dans un contexte de pénurie de logements. Pour les promoteurs, elle envoie un signal d’incertitude réglementaire, susceptible de freiner d’autres investissements dans des zones similaires.

