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CULTURE

Les rumeurs qui ont changé le monde 3/10 : "Les pyramides sont des centrales électriques"

Source unique·il y a 13 j

La rumeur selon laquelle les pyramides d’Égypte seraient des centrales électriques illustre la puissance des théories alternatives pour façonner notre vision de l’histoire. En s’appuyant sur un fantasme technologique et une revendication identitaire, ce récit remet en cause les fondements de l’égyptologie tout en révélant les tensions autour de la légitimité scientifique et de la réappropriation des savoirs anciens. Comment ces fausses vérités s’imposent-elles et que disent-elles de notre rapport au passé ?

Quelle est l’origine récente de cette rumeur sur les pyramides comme centrales électriques ?

La théorie a connu un regain de popularité en 2023 grâce à une interview virale de l’artiste Gims, qui a relancé l’idée que les Égyptiens maîtrisaient l’électricité il y a plus de quatre millénaires. Cette affirmation, bien que scientifiquement infondée, a trouvé un écho médiatique et politique en s’appuyant sur des interprétations alternatives de l’architecture et des inscriptions des pyramides.

Pourquoi certains acteurs défendent-ils cette rumeur malgré son absence de fondement technique ?

Selon Franck Monnier, ingénieur égyptologue, cette théorie s’inscrit dans une volonté de s’approprier l’histoire de la civilisation égyptienne pour en faire un acte politique. Elle répond aussi à une revendication identitaire visant à contester la vision occidentale de l’histoire africaine, en suggérant que les savoirs des « pharaons noirs » auraient été transmis aux Grecs, puis aux puissances coloniales, avant d’être récupérés par l’Europe.

Quel rôle joue la défiance envers l’expertise scientifique dans la diffusion de ces théories ?

Franck Monnier alerte sur un phénomène de rejet de l’expertise, où l’opinion individuelle, forgée par des recherches rapides sur Internet, primerait sur le consensus scientifique. Cette tendance ouvre une « boîte de Pandore » en s’immisçant même dans des publications scientifiques prestigieuses, révélant une remise en cause plus large des institutions et des savoirs établis.

Comment les chercheurs proposent-ils de lutter contre ces « fake news archéologiques » ?

Jean-Loïc Le Quellec, anthropologue, plaide pour une intervention médiatique active des chercheurs afin de faire basculer du côté du savoir scientifique les citoyens de bonne foi. Il souligne que ces rumeurs, bien que dépourvues de factualité, s’appuient sur des éléments archéologiques pour illustrer des thèses préconçues, nécessitant une réponse pédagogique et rigoureuse.

Ce que ça pourrait changer

Cette propagation de théories alternatives pourrait fragiliser la confiance dans les institutions scientifiques et éducatives, tout en alimentant des débats politiques sur la réécriture de l’histoire. À plus long terme, elle risque d’éroder le consensus autour des savoirs historiques, ouvrant la voie à une fragmentation des récits nationaux ou identitaires. La vigilance des chercheurs et des médias apparaît donc cruciale pour préserver la rigueur intellectuelle.

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