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GÉOPOLITIQUE

En Belgique, un quart des femmes pourrait n’avoir jamais d’enfant

Source unique·il y a 24 j

La Belgique illustre une tendance démographique mondiale où l’infécondité n’est plus un phénomène marginal mais une composante centrale de la baisse de la natalité. L’adoption d’un nouvel indicateur, le taux d’infécondité de période, révèle qu’un quart des femmes pourraient ne jamais avoir d’enfant dans ce pays, soulignant ainsi les transformations profondes des projets parentaux sous l’effet de contraintes économiques, sociales et existentielles. Cette évolution interroge les fondements mêmes des politiques publiques face à un vieillissement accéléré des sociétés.

Pourquoi le taux de fécondité traditionnel ne suffit-il plus pour mesurer la natalité aujourd’hui ?

Le taux de fécondité moyen (nombre d’enfants par femme) ne reflète pas l’augmentation de l’infécondité, c’est-à-dire le fait que de plus en plus de femmes n’ont aucun enfant. Les chercheurs proposent donc un taux d’infécondité de période qui projette, à partir des comportements actuels, la part des femmes qui ne deviendront jamais mères, offrant une vision plus réaliste des dynamiques démographiques.

Quels sont les principaux facteurs qui expliquent le report ou l’abandon des projets parentaux en Belgique ?

Plusieurs éléments se combinent : l’instabilité des unions, les conditions matérielles précaires (revenu insuffisant, emploi instable, logement inadapté), les conséquences professionnelles de la maternité sur la carrière des femmes, l’incertitude économique et écologique, ainsi que l’évolution des normes sociales rendant l’infécondité plus acceptable. Ces facteurs peuvent aussi interagir pour rendre un projet d’enfant irréalisable, notamment lorsque la fertilité diminue avec l’âge.

Comment se situe la Belgique par rapport à d’autres pays en matière d’infécondité ?

Avec un taux d’infécondité de période estimé à 25 %, la Belgique se situe dans une fourchette moyenne parmi les pays industrialisés. Elle est moins touchée que la Finlande, le Japon ou l’Espagne (où une femme sur trois reste sans enfant), mais bien en deçà de la Corée du Sud, qui affiche un taux record de 45 %. Ces écarts reflètent des contextes socio-économiques et culturels distincts.

Quelles pourraient être les conséquences politiques et sociales d’une infécondité généralisée ?

Une infécondité massive pose des défis majeurs : pénurie de main-d’œuvre active face à une population vieillissante, pression accrue sur les systèmes de santé et de retraite, déclin des effectifs scolaires, et remises en cause des modèles de solidarité intergénérationnelle. Ces enjeux transforment la natalité en un sujet de débat public et de politiques publiques, comme en témoignent les mesures prises dans certains pays pour inciter à la parentalité.

Ce que ça pourrait changer

L’émergence de l’infécondité comme norme démographique pourrait redéfinir les équilibres économiques et sociaux à long terme, notamment en Europe, où les systèmes de protection sociale reposent sur une population active suffisante. Elle invite aussi à repenser les politiques familiales, non plus seulement en termes de quantité de naissances, mais en abordant les conditions concrètes de réalisation des projets parentaux. Enfin, cette tendance interroge la résilience des sociétés face à un vieillissement accéléré, potentiellement source de tensions politiques et de réformes structurelles.

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