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GÉNÉRALISTE

Quand un billet de métro devient un passeport pour le monde

Source unique·il y a 6 j

L’inauguration du métro de Montréal en 1966 ne fut pas seulement une révolution urbaine, mais aussi un symbole d’émancipation sociale et culturelle pour des générations de Québécois. À travers les récits de ses usagers, l’article révèle comment cette infrastructure a transformé les habitudes de déplacement, ouvert des horizons inédits et cristallisé les contradictions d’une modernité inachevée, entre progrès et négligence.

Comment le métro de Montréal a-t-il modifié les rapports sociaux et familiaux des années 1960 ?

Le métro a offert une autonomie nouvelle aux femmes, comme Marie-Claire Baigner qui pouvait enfin se rendre seule au centre-ville pour faire des achats, ou Louise Tanguay dont la mère a profité de l’afflux touristique lié à l’Expo 67 pour louer des chambres. Il a aussi réduit les inégalités géographiques, permettant à des habitants de zones rurales comme Saint-Hyacinthe d’accéder à des événements internationaux sans dépendre des transports individuels.

Quels éléments architecturaux ou artistiques du métro de Montréal ont marqué les usagers ?

Les stations ont été perçues comme des œuvres à part entière, notamment Place-des-Arts ou Champ-de-Mars avec ses verrières de Marcelle Ferron. Les matériaux comme les briques d’émail vernies de Place-Saint-Henri ou les plafonds des tunnels ont aussi laissé une empreinte durable, bien que leur dégradation progressive soit aujourd’hui regrettée.

Quels sont les signes tangibles de la détérioration du réseau, selon les témoignages ?

Les usagers comme Marie-France Pinard évoquent des plafonds craquelés, des bruits de chute dans les murs et des couloirs en direction de Longueuil qui s’effritent. L’absence d’entretien régulier est pointée du doigt, contrastant avec l’innovation initiale de l’ère Drapeau, perçue comme un héritage mal géré.

Pourquoi certains usagers historiques expriment-ils aujourd’hui une méfiance, voire une peur du métro ?

L’augmentation de l’itinérance dans les stations et la perception d’un environnement moins sûr ont contribué à cette méfiance. Marie-Claire Baigner, par exemple, confie ne plus prendre le métro aujourd’hui par crainte, soulignant un changement radical dans l’image du réseau depuis les années 1960.

Ce que ça pourrait changer

Ce vieillissement des infrastructures pourrait aggraver les inégalités d’accès à la mobilité, surtout pour les populations précaires qui dépendent davantage des transports en commun. Il interroge aussi la capacité des villes à concilier innovation et maintenance, un enjeu qui dépasse le cadre montréalais et touche de nombreuses métropoles.

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