Au Yémen, les Houthis progressent vers le détroit stratégique de Bab el-Mandeb
L’avancée des Houthis vers le détroit de Bab el-Mandeb, après la prise de la ville portuaire de Mokha, marque un tournant dans le conflit yéménite et ses répercussions régionales. Cette progression, soutenue par l’Iran et amplifiée par la reprise des hostilités en juillet, transforme une crise locale en enjeu géostratégique pour les routes commerciales mondiales et les équilibres au Moyen-Orient.
Quelles avancées militaires récentes ont permis aux Houthis d’approcher le détroit de Bab el-Mandeb ?
Les Houthis ont pris le contrôle de Mokha, une ville portuaire située à 70 kilomètres au nord du détroit, ainsi que de l’île de Zuqar dans le sud de la mer Rouge, après des attaques combinant roquettes et assauts terrestres. Ces gains s’ajoutent à leur contrôle préalable de Sanaa et Hodeïda, mais leur donnent désormais un accès direct à une zone clé pour le trafic maritime.
Qui sont les acteurs principaux impliqués dans cette escalade et quels sont leurs objectifs ?
Les Houthis, groupe rebelle soutenu par l’Iran, cherchent à renforcer leur pression maritime et à étendre leur influence. Le gouvernement yéménite, allié à l’Arabie saoudite, tente de contenir leur avancée, tandis que Ryad riposte par des frappes aériennes sur les positions houthis. L’Iran, via son soutien aux Houthis, instrumentalise le conflit pour affaiblir ses rivaux régionaux.
Quelles sont les conséquences humanitaires et économiques de cette nouvelle phase du conflit ?
Les affrontements ont déjà fait des centaines de morts et poussé près de 20 000 personnes à fuir vers Aden. Les cours du pétrole ont bondi, avec le baril de Brent dépassant les 104 dollars, en raison des craintes de perturbations dans le trafic maritime via la mer Rouge. Les populations civiles subissent pillages et déplacements massifs.
Ce que ça pourrait changer
Le contrôle de zones stratégiques par les Houthis pourrait durablement fragiliser les routes commerciales reliant l’Asie à l’Europe, avec des répercussions sur les prix de l’énergie et la stabilité régionale. Cette escalade risque également de s’inscrire dans un cycle de violences plus large, alimenté par les tensions entre l’Iran et ses adversaires au Moyen-Orient, sans perspective immédiate de désescalade.

