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GÉNÉRALISTE

«askōhtēskanohwē» : sur la piste du perlage ancestral

Source unique·30 sept.

L’exposition «askōhtēskanohwē» de l’artiste métisse et crie Carrie Allison, présentée au musée McCord Stewart jusqu’au 28 février 2027, interroge les mécanismes de réappropriation culturelle à travers le prisme du perlage ancestral. En s’appuyant sur des collections muséales marquées par l’histoire coloniale, l’artiste révèle les tensions entre préservation, restitution et réinterprétation des savoirs autochtones, tout en proposant une critique des institutions culturelles occidentales.

Quelle démarche Carrie Allison a-t-elle suivie pour reconstituer les techniques de perlage de ses ancêtres ?

Carrie Allison a mené ses recherches en s’appuyant sur les collections du musée McCord Stewart, notamment la collection Julien F. Gaudet, où elle a identifié des objets perlés dont les origines et les créateurs étaient inconnus. Elle a également collaboré avec Sherry Farrell Racette, spécialiste métisse du perlage, pour comprendre les motifs et les techniques traditionnelles, tout en explorant des archives botaniques à Londres pour réinterpréter l’usage ancestral des plantes locales.

Pourquoi les œuvres de la collection Julien F. Gaudet sont-elles qualifiées de « perlages orphelins » ?

Ces objets sont qualifiés ainsi car leur provenance, leur créateur ou leur région d’origine restent indéterminés, souvent en raison de leur acquisition par des musées dans des contextes de violence ou de spoliation coloniale. Leur statut reflète l’effacement systématique des savoirs autochtones dans les archives institutionnelles, où les objets sont dissociés de leur contexte culturel et historique.

Comment Carrie Allison aborde-t-elle la question du toucher dans les musées à travers son exposition ?

L’artiste critique l’interdiction de toucher les œuvres dans les musées en recréant des motifs de perlage sur des éléments de guidage traditionnellement utilisés pour tenir le public à distance. Elle propose également des coussins perlés inspirés des « cœurs blancs » anciens, invitant le public à interagir librement avec les pièces, en opposition aux règles strictes des institutions culturelles occidentales.

Quel rôle joue la décolonisation des collections muséales dans le projet de Carrie Allison ?

Le projet s’inscrit dans une démarche de décolonisation en soulignant l’urgence de restituer les œuvres autochtones aux communautés d’origine. Bien que le musée McCord Stewart n’ait pas encore restitué ces pièces, l’exposition met en lumière les limites des politiques actuelles de restitution et interroge la capacité des institutions à réparer les injustices historiques.

Ce que ça pourrait changer

Cette exposition pourrait accélérer les débats sur la restitution des œuvres autochtones en Amérique du Nord, en plaçant les communautés au cœur des processus de réappropriation culturelle. Elle met aussi en lumière le rôle des artistes autochtones comme médiateurs essentiels entre les savoirs traditionnels et les institutions, tout en questionnant la légitimité des musées à conserver des objets sans leur contexte culturel. À plus long terme, elle pourrait inspirer d’autres projets de réinterprétation des collections coloniales, redéfinissant les frontières entre patrimoine et réparation.

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