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GÉNÉRALISTE

Un prêteur privé visé par une action collective pour des taux d’intérêt criminels

Source unique·23 sept.

L’action collective déposée contre un réseau de prêteurs privés québécois révèle un système de crédit aux pratiques contestables, où des taux d’intérêt effectifs dépasseraient largement le plafond légal de 35%. Derrière cette affaire se profile une stratégie commerciale agressive ciblant des populations vulnérables, tandis que les régulateurs provinciaux multiplient les mises en demeure. Le cas illustre les limites des dispositifs de protection du consommateur face à des montages financiers opaques, posant la question de l’efficacité des contrôles existants.

Quels mécanismes précis sont reprochés aux entreprises de Pascal Côté et à Garantie Avila ?

Les prêteurs sont accusés d’avoir contourné le plafond légal de 35% de taux d’intérêt en ajoutant des frais supplémentaires, comme des frais de garantie de 6% (associés à Garantie Avila) ou des frais de formation facturés par l’Institut Progresso, un OBNL dirigé par Pascal Côté. Ces pratiques gonfleraient artificiellement le coût réel des emprunts, comme en témoigne le cas de Megan Beckmann, qui a dû rembourser 1 868 $ (dont 1 080 $ de frais) pour un prêt de 750 $.

Qui sont les acteurs centraux de cette affaire et quel est leur rôle respectif ?

L’avocat Pascal Côté, via ses entreprises Crédit Toledo et Services financiers Donovan, est au cœur du dispositif, accusé d’avoir orchestré un système de prêts à taux abusifs. François R. Bossé, administrateur de Garantie Avila, est également visé pour son rôle dans la garantie des dettes. L’Institut Progresso, dirigé par Côté, est pointé du doigt pour ses frais de formation, tandis que les régulateurs provinciaux, comme Consumer Protection BC ou l’Office de la protection du consommateur (OPC) québécois, surveillent ces pratiques.

Quelles sont les réactions des autorités et des instances professionnelles face à ces allégations ?

Les régulateurs provinciaux ont déjà émis des avertissements : Consumer Protection BC a adressé sept mises en demeure à Crédit Toledo et mène une enquête, tandis que l’OPC québécois confirme des vérifications en cours sur Services financiers Donovan, qui cumule 68 plaintes depuis 2023. Le Barreau du Québec, dont Pascal Côté est membre, indique avoir pris connaissance du litige sans confirmer ni infirmer l’existence d’une enquête disciplinaire.

Pourquoi cette affaire soulève-t-elle des questions plus larges sur le crédit prédateur au Québec ?

Le cas met en lumière l’ampleur des pratiques de prêt prédateur, où des taux effectifs exorbitants (jusqu’à 737% dans le cas de Dominique) sont rendus possibles par des frais cachés ou des montages juridiques. L’Union des consommateurs parle d’une « véritable épidémie », suggérant que ces abus ne sont pas isolés mais systémiques, profitant de la précarité financière de certains emprunteurs.

Ce que ça pourrait changer

Cette affaire pourrait accélérer les réformes sur les taux d’intérêt effectifs et renforcer les contrôles des régulateurs provinciaux, notamment sur les prêteurs en ligne. Elle interroge aussi sur la responsabilité des OBNL et des avocats dans des schémas financiers douteux, ainsi que sur l’efficacité des mécanismes de plainte pour les consommateurs. À plus long terme, elle pourrait inciter à une harmonisation nationale des lois sur la protection du consommateur, actuellement fragmentées selon les provinces.

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