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SCIENCES

Didier Gascuel, professeur en écologie marine : « notre façon de pensée est dépassée, elle ignore l'impérieuse nécessité d'une adaptation permanente, elle est la négation du vivant »

Source unique·il y a 20 j

L’écologie marine et les systèmes de pensée traditionnels sont-ils incompatibles avec l’urgence d’adaptation que impose la crise écologique ? Didier Gascuel, professeur en écologie marine, dénonce une approche anthropocentrique et statique qui nie la dynamique du vivant. Son analyse interroge les fondements mêmes de notre rapport à l’environnement, révélant une inadéquation croissante entre nos modèles et la réalité des écosystèmes en mutation.

Quels sont les principaux reproches adressés par Didier Gascuel à la pensée dominante en matière d’écologie ?

Didier Gascuel critique une vision du monde qui ignore l’impérieuse nécessité d’une adaptation permanente des systèmes humains et naturels. Selon lui, cette approche, ancrée dans une logique de contrôle et de stabilité, constitue une négation du vivant en refusant de reconnaître sa capacité intrinsèque à évoluer et à se transformer face aux perturbations.

Pourquoi l’écologie marine est-elle un terrain privilégié pour illustrer cette inadéquation des modèles traditionnels ?

Les océans, en tant qu’écosystèmes complexes et interconnectés, subissent des transformations rapides sous l’effet du changement climatique et de l’exploitation humaine. Leur gestion, souvent basée sur des schémas linéaires et prévisionnistes, échoue à intégrer la résilience et la plasticité des espèces marines, comme le souligne Gascuel.

Quel rôle joue l’adaptation permanente dans la réflexion de Gascuel sur la crise écologique ?

Pour Gascuel, l’adaptation permanente n’est pas une option mais une condition de survie des écosystèmes et des sociétés humaines. Il oppose cette vision à une approche gestionnaire qui cherche à figer les systèmes dans un état idéalisé, alors que la réalité exige une flexibilité et une réactivité face à l’imprévisible.

Ce que ça pourrait changer

Si les thèses de Gascuel s’imposent comme un cadre de réflexion, elles pourraient remettre en cause les politiques environnementales actuelles, souvent fondées sur des projections linéaires et des objectifs de stabilisation. Cela impliquerait de repenser les outils de gestion (quotas de pêche, aires protégées, etc.) pour les rendre compatibles avec une logique d’évolution continue. À l’inverse, une résistance à cette approche risquerait d’aggraver les déséquilibres écologiques en maintenant des modèles inadaptés.

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