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GÉNÉRALISTE

La pénurie de main-d’œuvre, grande oubliée de la campagne électorale

Source unique·25 sept.

Alors que la campagne électorale québécoise met l’accent sur la fiscalité, les infrastructures et l’attractivité économique, un enjeu structurel s’efface des radars politiques : la pénurie de main-d’œuvre. Pourtant, sans réponse à cette équation démographique, les promesses de croissance et d’investissement risquent de rester lettre morte. L’absence de propositions concrètes sur ce dossier interroge sur la capacité des partis à anticiper les défis futurs d’une économie en tension.

Pourquoi la pénurie de main-d’œuvre est-elle qualifiée de « grande oubliée » de cette campagne électorale ?

Les partis politiques concentrent leurs discours sur des mesures économiques immédiates (fiscalité, réglementation, investissements), mais négligent un paramètre fondamental : la disponibilité de la main-d’œuvre nécessaire pour concrétiser ces projets. Or, les projections démographiques et économiques (1,3 million d’emplois à pourvoir d’ici 2034, baisse de 200 000 personnes en âge de travailler entre 2025 et 2030) rendent cette omission particulièrement risquée pour la crédibilité des propositions.

Quelles solutions sont avancées par le milieu économique pour pallier cette pénurie ?

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) propose une stratégie intégrée combinant plusieurs leviers : un meilleur arrimage entre la formation et les besoins des entreprises, le maintien en emploi des travailleurs expérimentés, l’intégration des jeunes et des publics éloignés du marché du travail, ainsi qu’une immigration économique ciblée. L’automatisation et l’intelligence artificielle sont évoquées, mais jugées insuffisantes pour combler l’écart à elles seules.

Quel est l’impact concret de cette pénurie sur les entreprises québécoises ?

Les entreprises, malgré leur volonté d’investir et de moderniser leurs installations, se heurtent à une question existentielle : disposeront-elles des travailleurs nécessaires pour réaliser leurs projets, assurer des services essentiels ou faire fonctionner leurs usines ? Sans réponse à cette interrogation, les promesses de création de richesse et de développement régional perdent leur fondement opérationnel.

Ce que ça pourrait changer

L’absence de débat structuré sur la main-d’œuvre pourrait fragiliser la crédibilité des engagements économiques des partis, en révélant leur incapacité à anticiper les contraintes démographiques. À moyen terme, cela risque d’accentuer les déséquilibres régionaux, de freiner l’innovation et de compromettre la compétitivité du Québec face à d’autres territoires mieux préparés. La pression sur les salaires et les conditions de travail pourrait aussi s’intensifier, avec des répercussions sociales et politiques imprévisibles.

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