Des milliers de personnes rassemblées à Belgrade pour les obsèques de Ratko Mladic
Les funérailles de Ratko Mladic, figure controversée de la guerre de Bosnie, ont révélé les tensions persistantes entre mémoire historique et reconnaissance des crimes de guerre en Europe. Alors que la justice internationale l’a condamné pour génocide et crimes contre l’humanité, une partie de la Serbie et des Serbes de Bosnie continuent de le célébrer comme un héros, illustrant les fractures mémorielles et politiques dans les Balkans.
Quels crimes Ratko Mladic a-t-il été reconnu coupable d'après l'article ?
Ratko Mladic a été condamné pour génocide, notamment pour son rôle dans le massacre de Srebrenica en juillet 1995 où environ 8 000 hommes et adolescents musulmans bosniaques ont été tués, ainsi que pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, incluant la persécution et l'expulsion de musulmans bosniaques et de Croates, le siège de Sarajevo et la prise en otage de Casques bleus de l'ONU.
Comment les autorités serbes ont-elles réagi face aux hommages rendus à Mladic ?
Le ministre serbe de la Justice avait initialement annoncé des honneurs militaires et d'État pour Mladic, avant que le président Aleksandar Vucic ne tempère cette décision, invoquant les souhaits de la famille. Vucic a nié toute glorification, affirmant que la cérémonie serait conforme aux attentes familiales, tout en reconnaissant que des dizaines de milliers de personnes étaient attendues aux funérailles.
Quelle a été la réaction des institutions européennes face à ces hommages ?
L'Union européenne a fermement rejeté toute glorification de Mladic, rappelant que la négation de génocide et le révisionnisme n'ont pas leur place dans ses valeurs, ni dans celles des pays candidats à l'adhésion comme la Serbie. La commissaire européenne Marta Kos a même annulé une visite prévue en Serbie en raison de ces hommages.
Ce que ça pourrait changer
Ces hommages pourraient exacerber les tensions intercommunautaires en Bosnie et en Serbie, notamment en Republika Srpska, où Mladic reste une figure symbolique. Ils risquent également de compliquer les relations entre la Serbie et l'UE, déjà tendues par des divergences sur les questions mémorielles et la coopération avec le Tribunal pénal international.

