Le cri du cœur d’Emmanuel Macron
L’aveu d’Emmanuel Macron, « Je n’aime pas les adolescents. Je ne les comprends pas », résonne comme un symptôme d’une crise plus large : celle d’un gouvernement incapable de saisir les revendications d’une jeunesse en détresse, dont les manifestations contre un système scolaire à l’abandon sont systématiquement criminalisées. Entre le déni des violences policières et l’échec d’une grande cause nationale sur la santé mentale des jeunes, l’État révèle une réponse sécuritaire et communicationnelle, loin des besoins concrets des élèves.
Quelle mesure phare avait été annoncée en juin 2026 pour répondre à la crise de santé mentale des jeunes, et quel a été son sort quatre mois plus tard ?
Le gouvernement avait lancé une grande cause nationale sur la santé mentale des jeunes, avec un dispositif de « coupe-file » garantissant une prise en charge sous 48 heures par un professionnel de santé si un membre de l’Éducation nationale le jugeait nécessaire. Quatre mois plus tard, ce dispositif n’a pas résisté à la réalité des manifestations lycéennes, révélant son inadéquation face à l’urgence sociale et structurelle.
Comment le gouvernement a-t-il réagi face aux mobilisations lycéennes, et quels outils a-t-il mobilisés pour les discréditer ?
Face aux protestations contre le délabrement des établissements scolaires et le manque de moyens, l’exécutif a choisi de discréditer les manifestants en les accusant de violences et de manipulation politique, notamment par la France Insoumise. Sur les réseaux sociaux, des vidéos tronquées ont circulé pour étayer ces accusations, tandis que les forces de l’ordre intervenaient avec des LBD, transformant une crise éducative en un conflit sécuritaire.
Quel symbole révèle l’absence de volonté politique derrière la prétendue concertation avec les lycéens ?
La conférence de presse d’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, s’est tenue au ministère de l’Intérieur (place Beauvau), soulignant une approche policière plutôt qu’éducative. Cette localisation symbolise une stratégie où le dialogue se réduit à une opération de communication, loin des revendications structurelles des élèves.
Ce que ça pourrait changer
Cette gestion de crise pourrait renforcer la défiance des jeunes envers les institutions, tout en normalisant l’usage de la répression comme réponse aux mobilisations sociales. À plus long terme, l’échec patent des dispositifs annoncés risque d’aggraver la crise de légitimité du gouvernement, déjà fragilisé par son incapacité à répondre aux besoins concrets des citoyens.

