Après les incendies de cet été, voici comment rendre les forêts françaises plus résistantes face au feu
Les mégafeux qui ont ravagé les forêts françaises cet été, notamment dans les Landes de Gascogne, révèlent une vulnérabilité structurelle des monocultures de pin maritime face aux incendies. Face à l’intensification des sécheresses liées au réchauffement climatique, une refonte des pratiques sylvicoles s’impose, où la diversité des peuplements et la discontinuité des combustibles deviennent des leviers de résilience. L’enjeu n’est plus seulement de limiter les départs de feu, mais de repenser l’organisation même des paysages forestiers pour en atténuer l’impact.
Pourquoi les plantations de pin maritime dans les Landes sont-elles si vulnérables aux incendies ?
Ces plantations, très denses et homogènes, favorisent une continuité horizontale et verticale des combustibles, facilitant la propagation des feux de surface vers les cimes. Leur inflammabilité est accrue par les aiguilles sèches et résineuses du pin, tandis que la biomasse morte accumulée au sol alimente les flammes. Enfin, leur gestion par coupes rases et rotations fixes réduit la diversité des âges et des espèces, éliminant les discontinuités naturelles qui pourraient freiner les incendies.
Quelles solutions alternatives à la monoculture de pin maritime sont envisagées pour réduire les risques ?
Plusieurs pistes sont explorées : l’introduction d’espèces feuillues moins inflammables comme le chêne tauzin ou le bouleau verruqueux, la diversification des âges et des structures des peuplements, et le maintien d’un couvert forestier continu pour préserver un microclimat humide. Ces pratiques relèvent de l’écoforesterie, qui vise à concilier production, biodiversité et résilience face aux perturbations.
Les dispositifs de défense contre les incendies (DFCI) peuvent-ils être améliorés pour mieux protéger les forêts ?
Oui, en élargissant les zones d’appui stratégiques autour des pistes et des bandes débroussaillées, en combinant éclaircies et conservation de feuillus moins inflammables. Ces zones, d’environ 300 mètres, ne peuvent stopper les mégafeux, mais elles réduisent leur intensité et leur vitesse de propagation, facilitant ainsi l’intervention des pompiers.
Quels sont les freins à la mise en œuvre de ces solutions écoforestières ?
Les coûts de récolte augmentent avec les coupes sélectives, moins mécanisables que les coupes rases, et la production de bois à court terme diminue. De plus, ces pratiques nécessitent une formation renforcée des forestiers en écologie, ainsi qu’une adaptation des acteurs locaux et de la filière forêt-bois, ce qui implique des investissements et une coordination complexe.
Ce que ça pourrait changer
L’adoption de l’écoforesterie pourrait réduire la sévérité des incendies et améliorer la résilience des forêts, mais elle implique des compromis économiques à court terme. Sans transformation des pratiques, les revenus forestiers et la sécurité des populations seraient davantage menacés par l’aggravation des mégafeux. Cette transition exige une vision à long terme et une collaboration entre scientifiques, gestionnaires et acteurs locaux pour concilier production, biodiversité et adaptation climatique.

