Le gaz de schiste, «un non-sens» pour le Québec, selon un conseiller du gouvernement
Alors que la crise climatique s’aggrave et que les engagements internationaux se resserrent, le Québec se trouve à un carrefour énergétique. Un conseiller gouvernemental en climat, Alain Webster, dénonce avec force la résurgence de projets d’exploitation du gaz de schiste, jugés incompatibles avec les objectifs de décarbonation et les dynamiques économiques mondiales. Son plaidoyer soulève une question cruciale : comment concilier court terme politique et urgence climatique, dans un contexte où les énergies fossiles semblent de plus en plus marginalisées à l’échelle planétaire ?
Quels partis politiques québécois défendent aujourd’hui l’exploitation du gaz de schiste, et dans quelles conditions ?
Le Parti conservateur du Québec propose un plan pour exploiter le gaz de schiste par fracturation dans la vallée du Saint-Laurent, une approche actuellement illégale au Québec. La Coalition avenir Québec se dit ouverte à la relance de l’exploration, tandis que le Parti libéral refuse de fermer définitivement la porte à l’industrie, malgré les controverses passées et les fuites persistantes des anciens puits.
Pourquoi Alain Webster qualifie-t-il le gaz de schiste de « non-sens » pour le Québec en 2026 ?
Pour Alain Webster, président du Comité consultatif sur les changements climatiques, miser sur le gaz de schiste aujourd’hui reviendrait à ignorer les engagements climatiques du Québec et les tendances mondiales. Il rappelle que l’ONU alerte sur l’urgence de limiter le réchauffement à 1,5°C, un objectif incompatible avec le développement de nouvelles énergies fossiles. De plus, le Québec a déjà fait le choix des énergies renouvelables depuis des décennies, et les investissements dans ce secteur progressent bien plus vite ailleurs qu’au Canada.
Quels arguments économiques et environnementaux Alain Webster avance-t-il pour justifier son opposition au gaz de schiste ?
Alain Webster souligne que la transition vers les énergies renouvelables est déjà en marche à l’échelle mondiale, avec une croissance de 120 % à 240 % selon les régions au cours de la dernière décennie, contre seulement 15 % au Canada. Il insiste sur le fait que les transformations techniques et économiques liées à cette transition deviennent une « vague de fond », et que le Québec doit s’y joindre pour rester prospère. Pour lui, les énergies fossiles représentent un risque climatique et économique majeur, incompatible avec les objectifs de décarbonation.
Ce que ça pourrait changer
La résurgence de projets liés au gaz de schiste pourrait fragiliser la crédibilité climatique du Québec, déjà perçu comme un leader en énergies renouvelables. Elle risquerait aussi d’éloigner la province des dynamiques économiques mondiales, où les investissements dans les énergies propres dominent désormais. Enfin, cette controverse électorale pourrait relancer des débats sur la cohérence des politiques énergétiques québécoises, entre héritage industriel et impératifs environnementaux.

