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SCIENCES

Une future crise de santé publique ? Les paris sont ouverts

Source unique·il y a 16 h

La pandémie de COVID-19 a paradoxalement accéléré l’essor des jeux de hasard et d’argent en ligne, malgré la fermeture des casinos et autres lieux physiques. Cette banalisation du jeu, particulièrement chez les jeunes, soulève une question cruciale : et si cette pratique, désormais accessible en quelques clics, devenait un problème majeur de santé publique ? L’expérience naturelle offerte par la crise sanitaire révèle des mécanismes de dépendance bien plus complexes qu’une simple accessibilité accrue.

Dans quelle mesure la fermeture des lieux de jeu physiques pendant la pandémie a-t-elle modifié les habitudes des joueurs ?

Contrairement aux attentes, la fermeture des casinos, salles de bingo et salons de jeux n’a pas réduit l’engouement pour les jeux de hasard, mais l’a déplacé vers le numérique. Les joueurs se sont tournés massivement vers les plateformes en ligne, rendant caduc l’argument selon lequel la disponibilité physique des jeux était un facteur de risque majeur. Cette transition a été si rapide qu’elle a surpris les chercheurs, comme Sylvia Kairouz, qui y voyait une opportunité d’étudier l’impact de l’accessibilité sur les comportements.

Pourquoi Sylvia Kairouz considère-t-elle la pandémie comme une « expérience naturelle » pour étudier les jeux de hasard ?

La pandémie a créé une situation unique où l’accès aux jeux de hasard a été brutalement restreint dans les lieux physiques, tout en maintenant une offre en ligne intacte. Cette configuration a permis à Kairouz de tester l’hypothèse selon laquelle la disponibilité physique des jeux joue un rôle clé dans leur attractivité. L’étude de ce changement de comportement offre des données précieuses pour évaluer les politiques de prévention et de régulation, notamment en matière de santé publique.

Quels sont les risques sanitaires associés à la popularité croissante des jeux en ligne, notamment chez les jeunes ?

La banalisation des jeux en ligne, couplée à leur accessibilité permanente, expose les jeunes à des risques accrus de dépendance et de problèmes financiers. Contrairement aux jeux physiques, où l’acte de se déplacer peut servir de frein psychologique, les plateformes numériques suppriment ces barrières. Les chercheurs craignent que cette facilité d’accès ne normalise une pratique aux conséquences sociales et individuelles souvent sous-estimées.

Ce que ça pourrait changer

Cette mutation des pratiques de jeu pourrait contraindre les autorités sanitaires à repenser leurs stratégies de prévention, en ciblant désormais les canaux numériques plutôt que les lieux physiques. Elle interroge aussi la responsabilité des plateformes en ligne, dont les mécanismes d’addiction (comme les bonus de bienvenue ou les notifications push) pourraient être réévalués à l’aune de leur impact sur la santé publique. Enfin, cette tendance pose la question plus large de la régulation des industries du divertissement numérique, dont les frontières avec les jeux d’argent s’estompent.

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