Bibliothèque nationale de France: les carnets de Marie Curie sont-ils encore radioactifs?
Plus d’un siècle après les découvertes fondatrices de Marie Curie sur la radioactivité, ses carnets de laboratoire conservés à la Bibliothèque nationale de France (BnF) soulèvent encore des enjeux de préservation et de sécurité. Si l’exposition passive derrière une vitre s’avère anodine, leur manipulation expose à des risques persistants, révélant les limites des connaissances passées et les défis actuels de la gestion des archives scientifiques contaminées.
Quels sont les risques réels liés à la consultation des carnets de Marie Curie aujourd’hui ?
Les carnets émettent un rayonnement d’environ 2 nanosieverts pour une exposition de dix minutes derrière vitrine, un niveau comparable au rayonnement naturel et donc sans danger pour les visiteurs. En revanche, leur manipulation expose à des particules radioactives persistantes, notamment du radium-226, dont la demi-vie de 1 600 ans impose des précautions strictes comme le port de protections ou l’usage de microfilms pour les chercheurs.
Pourquoi les carnets de Marie Curie restent-ils contaminés après plus d’un siècle ?
Marie Curie a travaillé pendant des années avec des quantités massives de résidus d’uranium et de radium, sans protection contre les radiations. Les particules radioactives se sont déposées sur ses outils, vêtements et carnets, et le radium-226, présent en abondance, se désintègre si lentement que sa radioactivité persiste malgré le temps écoulé.
Quelles mesures la BnF a-t-elle mises en place pour limiter les risques ?
La bibliothèque a sécurisé les feuilles les plus contaminées, protégé les reliures avec du plastique et recommandé l’usage de microfilms pour les consultations. Les carnets sont conservés sous vitrine, et leur manipulation est restreinte aux protocoles de sécurité stricts, avec des contrôles réguliers depuis 1996.
Ce que ça pourrait changer
Cette situation interroge la gestion des archives scientifiques historiques, où les risques radiologiques, autrefois ignorés, imposent aujourd’hui des protocoles lourds. Elle rappelle aussi l’héritage toxique des pionniers de la science, dont les travaux ont ouvert la voie à des technologies aujourd’hui encadrées par des normes strictes. Enfin, elle pose la question de la préservation à long terme de ces documents, dans un équilibre entre accessibilité et sécurité.

