Acomptes sur dividendes : le report à nouveau bénéficiaire est admis, pas les réserves disponibles
La Commission nationale des commissaires aux comptes (CNCC) vient de clarifier les conditions de versement des acomptes sur dividendes avant l'approbation des comptes annuels, une décision qui interroge sur la frontière entre prudence comptable et flexibilité financière. Cette précision, fondée sur l'article L. 232-12 du Code de commerce, révèle une interprétation restrictive des réserves mobilisables, soulignant les tensions entre sécurité juridique et optimisation des flux de trésorerie.
Quels éléments comptables peuvent désormais être pris en compte pour le versement d'un acompte sur dividendes avant l'approbation des comptes ?
Seul le report à nouveau bénéficiaire issu du bénéfice dégagé depuis la clôture du précédent exercice est désormais admis, à condition qu'un bilan intermédiaire certifié par le commissaire aux comptes atteste de l'existence de ces sommes. Les réserves disponibles, en revanche, ne peuvent pas être mobilisées pour ce calcul.
Qui sont les acteurs directement concernés par cette clarification de la CNCC ?
Les commissaires aux comptes et les experts-comptables sont les principaux acteurs impliqués, car ils doivent certifier la conformité des bilans intermédiaires utilisés pour justifier le versement des acomptes. Les dirigeants de sociétés par actions, notamment les SAS et les SA, sont également concernés par cette règle dans la gestion de leur trésorerie.
Pourquoi cette décision de la CNCC est-elle importante pour les entreprises ?
Elle encadre strictement les possibilités de versement anticipé de dividendes, limitant ainsi les risques de surestimation des ressources disponibles et renforçant la transparence comptable. Cette interprétation réduit la marge de manœuvre des entreprises en matière de gestion financière, surtout en période de tension sur les liquidités.
Ce que ça pourrait changer
Cette clarification pourrait entraîner un ralentissement des versements d'acomptes sur dividendes, les entreprises devant attendre une certitude accrue sur leurs résultats intermédiaires. Elle pourrait aussi inciter les sociétés à anticiper davantage leurs besoins de trésorerie ou à explorer d'autres mécanismes de financement. Enfin, cette décision renforce le rôle des commissaires aux comptes comme garants de la rigueur comptable, au détriment d'une flexibilité perçue comme risquée.

