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CULTURE

L'Instant poésie de Séphora Pondi : "Cap'tain Zombie", de René Depestre, mémoire des corps suppliciés

Source unique·il y a 14 h

La découverte du poème Cap’tain Zombi de René Depestre par la comédienne Séphora Pondi révèle comment une œuvre poétique peut incarner une mémoire traumatique tout en devenant un outil de résistance culturelle. À travers cette lecture, c’est l’articulation entre corps supplicié, langue poétique et mémoire historique qui se joue, interrogeant la capacité de la littérature à transcender les silences imposés par l’histoire coloniale.

Pourquoi la figure du zombi dans Cap’tain Zombi dépasse-t-elle les représentations occidentales classiques ?

Dans la culture haïtienne, le zombi n’est pas un mort-vivant mais un symbole de dépossession et de perte de liberté, lié au vaudou et à l’histoire de l’esclavage. Depestre en fait un outil de dénonciation politique, où la figure du zombi incarne à la fois le trauma collectif et la persistance d’une identité africaine malgré les tentatives d’effacement colonial.

Quel rôle joue la langue poétique de Depestre dans la transmission de cette mémoire douloureuse ?

La langue de Depestre, à la fois lancinante et raffinée, transforme l’horreur en une esthétique puissante. Les répétitions, les images sensorielles et les métaphores organiques (« Je broute les pâturages / Des millions de morts miens ») rendent tangible la violence historique, tout en affirmant une présence noire inaltérable.

En quoi le poème Cap’tain Zombi s’inscrit-il dans le contexte politique du recueil Un arc-en-ciel pour l’Occident chrétien ?

Publié en 1967 alors que Depestre vit à Cuba après la révolution castriste, le poème s’insère dans un projet plus large de lutte contre le racisme et le colonialisme. Il convoque à la fois les mythes vaudous, les luttes afro-américaines et la traite négrière, tout en proposant l’amour comme horizon de réconciliation face aux violences systémiques.

Ce que ça pourrait changer

Cette redécouverte de Cap’tain Zombi montre comment la poésie peut servir de vecteur à une mémoire collective refoulée, tout en offrant une réponse artistique aux violences historiques. Elle interroge aussi la place des artistes noirs dans la transmission des récits postcoloniaux, où l’écriture devient un acte de réappropriation et de résistance. Enfin, elle souligne l’importance des médias comme France Culture dans la diffusion de ces œuvres, en les accompagnant d’outils immersifs (podcasts, illustrations) pour en amplifier l’impact.

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