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Des souris aux cerveaux d’humains : les chercheurs de Stanford viennent d’ajouter un cortex cérébral d’origine humaine à des rongeurs

Source unique·il y a 4 h

L’expérience menée par des chercheurs de Stanford marque une avancée majeure en neurosciences, en greffant un cortex cérébral humain dans des souris, permettant à ces dernières de développer des réseaux neuronaux fonctionnels. Cette prouesse technique, publiée dans Nature, soulève des questions éthiques tout en ouvrant des perspectives inédites pour la compréhension et le traitement de maladies neurologiques complexes, mais interroge aussi sur les limites de la xénogreffe cérébrale et ses implications pour la recherche médicale.

Quelle est la nouveauté de cette expérience par rapport aux travaux précédents de Sergiu Pașca ?

Contrairement aux greffes de 2022 où des organoïdes humains avaient été transplantés dans des cerveaux de rats nouveau-nés sans altération préalable, cette fois les chercheurs ont supprimé génétiquement une protéine essentielle au développement du cortex cérébral de souris, créant un espace artificiellement vide pour y injecter des organoïdes humains. Ces greffons ont ensuite colonisé jusqu’à 90 % de l’espace cortical des souris, formant des réseaux neuronaux fonctionnels et connectés à leur moelle épinière.

Quels sont les défis techniques et éthiques soulevés par cette expérience ?

L’équipe a dû rendre les souris immunodéficientes pour éviter un rejet des cellules humaines, puis supprimer une protéine (ESCO2) pour empêcher le développement naturel de leur cortex, ce qui pose des questions sur la souffrance animale et la pertinence de modifier génétiquement des organismes vivants. Par ailleurs, la présence de neurones de Von Economo, rares et liés à des fonctions cognitives supérieures, dans le cerveau de ces souris interroge sur les limites de la transposition de tissus humains dans un modèle animal.

Pourquoi l’étude des neurones de Von Economo dans ce modèle est-elle significative ?

Ces neurones, extrêmement rares et associés à la conscience sociale et à la prise de décision, n’avaient jamais été cultivés en laboratoire. Leur apparition dans le cerveau des souris greffées offre une opportunité unique d’étudier leur développement et leur rôle dans des pathologies comme la démence fronto-temporale, sans recourir à des essais cliniques sur l’humain.

Quelles applications médicales pourraient découler de ces travaux ?

Les chercheurs envisagent de prélever des cellules de patients atteints de maladies comme la schizophrénie ou l’autisme, de les reprogrammer en organoïdes corticaux et de les greffer dans des souris pour observer comment ces pathologies altèrent les circuits cérébraux humains. À terme, cela pourrait permettre de tester des traitements médicamenteux avant des essais cliniques, réduisant ainsi les risques pour les patients.

Ce que ça pourrait changer

Cette avancée pourrait révolutionner la recherche sur les maladies neurologiques en offrant des modèles animaux plus fidèles aux mécanismes humains, tout en soulevant des débats éthiques sur l’expérimentation animale et la modification génétique. Si les applications thérapeutiques restent hypothétiques, elles pourraient accélérer le développement de traitements ciblés, notamment pour des pathologies actuellement incurables. Cependant, l’utilisation de souris xénocorticales interroge sur la frontière entre innovation médicale et respect du vivant, nécessitant un cadre éthique renforcé.

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