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Situation critique pour la recherche, le budget de l’ANR « insoutenable » d’ici 2028

Source unique·il y a 17 h

La recherche publique française, déjà fragilisée par une loi de programmation ambitieuse mais inégalitaire, voit son principal outil de financement, l’ANR, confronté à une crise budgétaire sans précédent. Entre promesses non tenues et trajectoire financière « insoutenable » d’ici 2028, le modèle de financement par projets, inspiré d’une logique darwinienne, révèle ses limites structurelles. Comment un dispositif censé dynamiser la recherche a-t-il pu devenir un fardeau pour les laboratoires ?

Pourquoi le budget de l’ANR est-il jugé « insoutenable » d’ici 2028 ?

La Cour des comptes souligne que la croissance des engagements de l’ANR, dopée par la loi de programmation de la recherche (LPR) de 2020, a stagné dès 2024. Le budget prévu ne suit plus les prévisions initiales, et le projet de loi 2027 du gouvernement prévoit même une baisse, aggravant la situation. Les engagements financiers de l’agence ne sont plus alignés sur les ambitions affichées.

Quels acteurs ont porté ou critiqué le modèle actuel de financement de la recherche ?

Le PDG du CNRS de l’époque, Antoine Petit, a défendu une loi « ambitieuse et inégalitaire », justifiant une sélection darwinienne des projets. À l’inverse, le Comité national de la recherche scientifique (CoNRS) préconisait un financement récurrent des laboratoires pour éviter les biais du système par appels à projets. Ces divergences illustrent les tensions autour de la gouvernance de la recherche.

En quoi la loi de 2020 a-t-elle transformé le paysage de la recherche française ?

La LPR a institutionnalisé le financement par projets via l’ANR, remplaçant progressivement les financements récurrents. Ce virage a favorisé une logique de compétition entre projets, au détriment d’une stabilité budgétaire pour les structures de recherche. L’ambition affichée de « darwinisme social » s’est heurtée à une réalité où l’ANR ne peut plus assumer son rôle central.

Ce que ça pourrait changer

Cette crise budgétaire pourrait accélérer le déclin relatif de la recherche française face à ses concurrents européens, en privant les laboratoires de visibilité et de moyens. Elle risque aussi de creuser les inégalités entre projets « éligibles » et structures moins bien dotées, remettant en cause l’équité du système. Sans correction rapide, l’ANR pourrait devenir un symbole des promesses non tenues de la LPR, avec des répercussions durables sur l’attractivité scientifique du pays.

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