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GÉOPOLITIQUE

Comment l’Iran coupe-t-il ses citoyens de l’Internet ?

Source unique·il y a 12 h

L’Iran illustre une stratégie de contrôle numérique où l’État instrumentalise l’isolement d’Internet comme outil de répression et de souveraineté informationnelle. Les coupures totales, observées lors des crises politiques ou des tensions internationales, révèlent une architecture technologique centralisée et des méthodes de censure sophistiquées, faisant du pays un laboratoire de l’autoritarisme numérique contemporain.

Quels événements récents ont déclenché les coupures totales d’Internet en Iran en 2026 ?

Les autorités iraniennes ont plongé le pays dans un black-out total lors des grandes manifestations de janvier 2026, puis à nouveau en février 2026, après que les États-Unis ont frappé l’Iran. Ces coupures visaient à limiter la diffusion d’informations et à empêcher les citoyens d’accéder à des sources extérieures.

Comment l’État iranien parvient-il à isoler son réseau du reste du monde ?

L’Iran contrôle Internet via la Telecommunication Infrastructure Company (TIC), qui gère les passerelles internationales. En utilisant le Border Gateway Protocol (BGP), la TIC peut cesser d’annoncer les routes IP iraniennes, rendant le pays invisible sur le web mondial. Elle recourt aussi au BGP-Hijacking ou à l’empoisonnement DNS pour rediriger les utilisateurs vers des pages gouvernementales.

Quelles solutions les Iraniens utilisent-ils pour contourner ces coupures ?

Les citoyens tentent de contourner les black-outs en utilisant des constellations de satellites comme Starlink, bien que les autorités traquent et brouillent ces signaux. Une autre méthode consiste à recourir à des réseaux maillés (mesh), où les messages transitent de téléphone en téléphone via Bluetooth ou Wi-Fi, sans dépendre d’Internet.

Que reste-t-il aux Iraniens comme alternative à Internet lors des coupures ?

L’État iranien a développé un intranet géant, parfois qualifié d’« Internet halal », qui fonctionne comme un écosystème numérique parallèle. Ce réseau donne accès à des services locaux (sites officiels, applications bancaires, messageries comme Bale ou Eitaa) tout en isolant les utilisateurs de l’Internet mondial.

Ce que ça pourrait changer

Ces pratiques soulèvent des questions sur l’avenir de la liberté d’expression et de l’accès à l’information dans les régimes autoritaires. Elles pourraient aussi inspirer d’autres États à adopter des méthodes similaires, fragmentant davantage l’Internet mondial en zones contrôlées. La résistance des citoyens, bien que limitée, montre cependant que les outils de contournement évoluent en parallèle des restrictions.

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