Yémen: après la prise de Bab Al-Mandab par les Houthis, les combats s'intensifient
La prise du détroit de Bab Al-Mandab par les Houthis marque un tournant dans le conflit yéménite, en étendant leur emprise sur un corridor maritime vital pour le commerce mondial. Alors que les combats s’intensifient autour de Taïz, ville stratégique aux portes de la mer Rouge, la guerre révèle ses conséquences humanitaires dévastatrices et ses dynamiques géopolitiques complexes.
Pourquoi la prise de Bab Al-Mandab par les Houthis est-elle un enjeu majeur ?
Le détroit de Bab Al-Mandab est un point de passage obligé pour le trafic maritime entre l’Europe et l’Asie via le canal de Suez. Son contrôle par les Houthis, alliés à l’Iran selon plusieurs experts, pourrait perturber les routes commerciales mondiales et renforcer l’influence régionale de Téhéran, déjà accusé de soutenir les rebelles par des livraisons d’armes et de fonds.
Quels acteurs sont directement impliqués dans les combats autour de Taïz ?
Les Houthis, groupe rebelle chiite soutenu par l’Iran, affrontent les forces du gouvernement yéménite exilé à Aden, qui contrôlent le sud et l’est du pays. Les combats se concentrent autour de Taïz, troisième ville du Yémen, où les Houthis quadrillent le nord et l’est, tandis que les forces gouvernementales maintiennent le centre. Des civils, comme le berger Ali, subissent les conséquences de cette confrontation sans ligne de front claire.
Quelles pratiques controversées des Houthis sont évoquées dans l’article ?
L’article mentionne le recrutement d’enfants soldats par les Houthis, une pratique que ces derniers avaient pourtant promis d’abandonner en 2022. Un soldat gouvernemental témoigne avoir affronté de très jeunes combattants, soulignant la difficulté morale et opérationnelle de ces engagements. Par ailleurs, les Houthis sont accusés de cibler des civils, comme en témoignent les victimes d’éclats d’obus, notamment des enfants.
Dans quel état se trouve la situation humanitaire à Taïz et ses environs ?
La situation humanitaire est catastrophique : les hôpitaux, comme l’hôpital al-Thawra, sont saturés, et des familles entières fuient les combats pour se réfugier dans des camps de déplacés. Plus de 200 familles ont rejoint ces camps en dix jours, et l’ONU estime que jusqu’à 100 000 personnes pourraient être contraintes à l’exil dans les trois prochains mois. Les déplacés, souvent sans ressources, survivent dans des conditions précaires, comme le raconte Maryam Saleh, dont le neveu a été tué par des éclats d’obus en chemin.
Ce que ça pourrait changer
L’escalade des combats autour de Taïz et la prise de Bab Al-Mandab pourraient aggraver la crise humanitaire au Yémen, déjà marquée par des millions de déplacés et une famine endémique. Sur le plan géopolitique, ce conflit risque de s’inscrire dans une logique de confrontation régionale plus large, notamment entre l’Iran et ses alliés d’une part, et les puissances sunnites soutenues par l’Occident d’autre part. La stabilité du commerce maritime mondial, dépendante de la sécurité de la mer Rouge, pourrait également être menacée à moyen terme.

