Bientôt, tous illettrés ? Le constat nuancé de Lionel Naccache
La révolution numérique a profondément transformé notre rapport à l’écrit, passant d’une lecture profonde à une consommation fragmentée et impulsive de contenus. Le neuroscientifique Lionel Naccache interroge cette mutation cognitive, entre perte et adaptation, et plaide pour une réflexion sur les enjeux de cette évolution. Comment concilier innovation technologique et préservation des capacités intellectuelles héritées de l’écriture ?
Quelle est la nature du changement cognitif induit par le numérique selon Lionel Naccache ?
Naccache identifie une transition d’une lecture linéaire et approfondie, caractéristique de l’écriture, vers une lecture compulsive et impulsive, favorisée par les écrans. Cette mutation affecte la profondeur de traitement de l’information et la capacité à se concentrer sur des contenus complexes, sans pour autant signifier une disparition pure et simple de la lecture traditionnelle.
Pourquoi Naccache évoque-t-il une « révolution cognitive » dans son analyse ?
Il souligne que l’écriture a constitué une rupture majeure dans l’évolution humaine, transformant nos modes de pensée et de mémoire. Le numérique, en modifiant notre rapport à l’écrit, remet en cause cette révolution en profondeur, sans pour autant effacer ses acquis. L’enjeu est donc de comprendre comment cette nouvelle ère redéfinit nos capacités cognitives.
Quel rôle jouent les neurosciences dans cette réflexion ?
Grâce à l’imagerie médicale, les neurosciences permettent aujourd’hui d’observer les effets concrets des changements dans nos pratiques de lecture sur le cerveau. Naccache y voit une école d’humilité, car elles révèlent à la fois la plasticité de notre organe pensant et les limites de nos adaptations spontanées aux nouveaux médias.
Ce que ça pourrait changer
Cette évolution interroge la capacité des sociétés à préserver des compétences intellectuelles essentielles, comme la concentration ou la pensée critique, dans un environnement saturé d’informations éphémères. Elle invite aussi à repenser l’éducation et les politiques culturelles pour éviter une fracture cognitive entre ceux qui maîtrisent encore la lecture profonde et les autres.

