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GÉOPOLITIQUE

Près de 11 700 nouveaux virus découverts dans les grands fonds marins du Pacifique

Source unique·il y a 16 h

La découverte de près de 11 700 nouveaux virus dans les abysses du Pacifique, où s’étend la zone de Clarion-Clipperton riche en nodules polymétalliques, interroge la logique même des projets d’exploitation minière sous-marine. Ces écosystèmes profonds, encore largement méconnus, abritent une biodiversité virale et animale inédite, dont la perturbation par l’homme pourrait s’avérer irréversible, alors que les besoins en minerais stratégiques pour les technologies vertes ne cessent de croître.

Quelle est la nature des virus découverts et pourquoi leur identification est-elle significative ?

Les chercheurs ont identifié 11 742 virus différents dans les sédiments de la zone de Clarion-Clipperton, dont 99 % étaient jusqu’alors inconnus. Leur rôle dans les processus biogéochimiques des champs de nodules polymétalliques suggère qu’ils jouent un rôle clé dans l’équilibre de ces écosystèmes profonds, bien que leur impact exact sur les bactéries et les cycles de matière reste à préciser.

Qui sont les acteurs économiques et politiques impliqués dans l’exploitation potentielle de cette zone ?

L’Autorité internationale des fonds marins a déjà délivré 17 contrats d’exploration dans la zone, dont cinq attribués à la Chine. Cette dernière, comme d’autres États et entreprises, voit dans les nodules polymétalliques — riches en nickel, cobalt ou manganèse — une réserve stratégique pour les batteries et les technologies vertes, malgré l’absence d’activité minière commerciale à ce stade.

Quels sont les risques écologiques associés à l’exploitation minière des grands fonds marins ?

Les scientifiques soulignent que l’activité humaine menace directement ces écosystèmes encore mal compris, alors que les virus découverts pourraient disparaître avant même d’être étudiés. Les perturbations des sédiments et des nodules polymétalliques risquent de bouleverser des équilibres biologiques dont les conséquences à long terme restent imprévisibles.

Pourquoi cette découverte relance-t-elle le débat sur la valeur des ressources des grands fonds marins ?

Les nodules polymétalliques ne représentent qu’une partie de la richesse de la zone de Clarion-Clipperton : les ressources biologiques, incluant ces milliers de virus et espèces animales inconnues, pourraient s’avérer tout aussi précieuses. Leur destruction irréversible avant même leur étude interroge la priorité accordée à l’extraction minière au détriment de la préservation scientifique.

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte pourrait freiner — ou du moins complexifier — les projets d’exploitation minière en eaux profondes, en plaidant pour une approche plus prudente et une cartographie exhaustive des écosystèmes abyssaux avant toute intervention. Elle met aussi en lumière les limites des connaissances actuelles sur les océans, soulignant l’urgence de renforcer la recherche fondamentale face aux appétits économiques.

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