Au rythme actuel, la France deviendrait le pays le plus endetté de l’Union au cours des années 2030
La France, déjà troisième pays le plus endetté de l’Union européenne en proportion de son PIB, pourrait devenir le plus endetté d’ici sept ans si sa trajectoire actuelle se poursuit. Cette projection, basée sur des scénarios budgétaires statiques, révèle une dégradation structurelle qui interroge la soutenabilité de sa dette et les risques systémiques pour la zone euro, à l’approche d’une élection présidentielle cruciale.
Quels pays la France pourrait-elle dépasser en niveau d’endettement et à quelle échéance ?
Selon les projections, la France dépasserait la Grèce dès 2028 ou 2029, puis l’Italie entre 2033 et 2040, devenant ainsi potentiellement le pays le plus endetté de l’Union européenne. Ces estimations reposent sur un scénario central où les conditions économiques récentes (croissance, taux d’intérêt, solde budgétaire) restent inchangées, sans intégrer de mesures correctives futures ni de retournements conjoncturels.
Quels indicateurs révèlent une dégradation de la situation financière française ?
Plusieurs signaux alarment : au premier trimestre 2026, la dette française atteignait 118 % du PIB, soit 21 points de moins que l’Italie et 26 de moins que la Grèce. Le spread OAT-Bund, qui mesure l’écart de taux entre la France et l’Allemagne, a grimpé à 140 points de base début octobre 2026, soit une hausse de plus de 60 % en un an, se rapprochant des niveaux critiques de 2011. Les CDS, bien qu’encore bas, traduisent une probabilité implicite de défaut de 1,2 % sur cinq ans.
Quels autres pays européens sont concernés par une trajectoire haussière de leur dette ?
La Pologne pourrait voir sa dette doubler d’ici 2050 (passant de 60 % à 123 % du PIB), la Roumanie atteindre 113 % (contre 59 % en 2025), et la Slovaquie bondir à 98 %. Même l’Allemagne, souvent perçue comme un modèle, verrait sa dette augmenter de 16 points pour atteindre près de 80 % d’ici 2050, contre 64 % en 2025.
Ce que ça pourrait changer
Une telle dégradation de la dette française pourrait peser sur la crédibilité de la zone euro, en particulier si elle s’accompagne d’une hausse des taux ou d’un ralentissement économique. Les débats budgétaires en cours, à l’approche de l’élection présidentielle de 2027, seront déterminants pour éviter un scénario de décrochage durable, avec des répercussions sur les politiques sociales, les investissements publics et la souveraineté économique du pays.

