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PHILOSOPHIE

Alain Gomis : « Le sentiment d’être exclu des images est d’une grande violence »

Source unique·il y a 10 j

Le nouveau film d'Alain Gomis, Dao, interroge la manière dont les récits postcoloniaux peuvent être réappropriés par ceux qui en sont les héritiers directs, en transformant l'exclusion des images en une expérience collective de résistance et de réinvention. À travers une narration circulaire et une esthétique du mouvement perpétuel, le cinéaste propose une méditation politique et poétique sur la transmission, la mémoire et la visibilité des communautés diasporiques, où le cinéma devient un outil de rééquilibrage des regards.

Quels sont les deux événements centraux autour desquels s’articule le récit de Dao ?

Le film s’organise autour d’un mariage célébré en banlieue parisienne et d’une cérémonie funéraire organisée en Guinée-Bissau, deux moments qui servent de cadre à une exploration des dynamiques familiales, générationnelles et culturelles dans un contexte postcolonial.

Pourquoi Alain Gomis évoque-t-il le Tao comme inspiration pour le titre de son film ?

Le cinéaste s’appuie sur la définition canonique du Tao, qui désigne un mouvement perpétuel et circulaire unissant le monde, pour souligner la structure narrative du film : une circulation constante entre les lieux, les générations et les émotions, reflétant une vision holistique des rapports humains et historiques.

Quel rôle joue la figure de Gloria dans Dao ?

Gloria, interprétée par Cathy Correa, incarne une présence lumineuse et centrale, à la fois comme mère et comme pivot entre les deux continents et les deux cérémonies, symbolisant la transmission et la résilience d’une communauté dispersée mais unie par des liens profonds.

Ce que ça pourrait changer

Ce film pourrait redéfinir les modalités de représentation des récits postcoloniaux au cinéma, en montrant comment une esthétique du mouvement et de la circularité permet de dépasser les fractures géographiques et historiques. Il invite à repenser le cinéma comme un espace de réappropriation collective, où l’exclusion des images devient un levier de création plutôt qu’un obstacle. À l’ère des débats sur la décolonisation des savoirs, Dao offre une piste concrète pour une narration inclusive, où la complexité des héritages se transforme en force plutôt qu’en fardeau.

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